Début de polémique sur la chute des prix à la pompe

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Le gazole et le super sans plomb sont à leur plus bas depuis quatre ans et demi. Mais le tarif pourrait être plus attractif, selon des associations de consommateurs.

La dégringolade des prix à la pompe n'empêche pas les polémiques. Après que la gazole et le super sans plomb ont baissé de 17 % en moyenne depuis le début de l'automne - à leur plus bas niveau depuis quatre ans et demi -, certaines voix s'élèvent pour stigmatiser un recul insuffisant.

L'association de consommateurs CLCV en particulier a pointé vendredi un léger rebond des marges de distribution, à hauteur de 12,4 centimes par litre d'essence pour la troisième semaine de décembre, contre 10,8 centimes en novembre. L'Union française des industries pétrolières (Ufip) ne conteste pas ces chiffres mais elle ajoute aussitôt qu'il y a toujours un léger décalage, de l'ordre de quelques jours, entre l'évolution des cours du pétrole et les répercussions à la pompe des variations du baril.

L'Ufip est d'autant plus droit dans ses bottes que, le 8 décembre dernier, après que François Hollande a réuni tous les acteurs de la distribution de carburants en France - y compris les associations de consommateurs -, l'Élysée a indiqué que la chute du pétrole était correctement répercutée dans les stations-service de l'Hexagone.

Depuis, le brent à Londres a encore reculé: il évolue désormais autour de 60 dollars, soit un repli de 50 % en quelques mois. Selon les derniers relevés de l'Ufip, le super sans plomb 95 (SP95) s'élève en moyenne à 1,3006 euro, et 1,1135 pour le gazole. En un mois, ces produits ont abandonné plus de dix centimes. Pour le gazole, comme le note le site spécialisé carbeo.com, l'automobiliste réalise ainsi une économie d'un peu plus de 6 euros sur un plein de 60 litres.

Consommation inchangée

Ces gains très appréciables, surtout en période de fêtes de fin d'année où les départs en vacances sont nombreux, n'incitent pourtant pas les Français à rouler plus. Les derniers relevés statistiques montrent que la consommation de carburants devrait observer une parfaite stabilité en 2014, avec à peine une augmentation de 0,1 %.

«Non seulement les automobilistes sont devenus très soucieux d'économiser leurs dépenses à la pompe mais la chute du pétrole est trop récente pour qu'un changement de comportement commence à émerger», souligne Jean-Louis Schilansky, le président de l'Ufip.

En marge des volumes écoulés, une autre constante de la distribution de carburants en France réside dans son côté ultraconcurrentiel: la marge nette ne dépasse pas un centime d'euro par litre, tant pour les pétroliers que pour les grandes surfaces - qui détiennent plus de 60 % de parts de marché. Cette guerre des prix conduit certains acteurs à pratiquer des opérations ultra-attractives, comme ce litre de gazole vendu à moins d'un euro en fin de semaine dernière.

Elle fragilise aussi l'ensemble des stations-service indépendantes, soumises comme la totalité des grands réseaux à des coûts très importants de mise aux normes. C'est pour cela que le secrétariat d'État chargé du Commerce, de l'Artisanat et de la Consommation a assuré vendredi que les stations bénéficieraient d'un montant d'aides inchangé en 2015 et 2016, de l'ordre de 2,5 millions d'euros.

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  • SaasFee le samedi 27 déc 2014 à 23:37

    Cet article du Figaro est un reflet réaliste et triste de la mentalité française anti économique. Comment croire que sur un tel marché ultraconcurentiel, les prix sont panipulés ?

  • anto14 le samedi 27 déc 2014 à 19:20

    Et pourquoi on roulerait plus ? Il faudrait arrêter ce genre de calcul mécanique, ce n'est pas parceque le prix baisse qu'il me viendrait l'envie de faire 2 allers retours pour aller au boulot !