Début de mobilisation pour la juge Isabelle Prévost-Desprez

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PARIS (Reuters) - Une motion de soutien à la magistrate Isabelle Prévost-Desprez, appuyée par les deux principaux syndicats de magistrats français, a été votée mardi au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine), théâtre en 2010 d'une guerre de juges sur fond d'affaires politico-financières.

Les magistrats de ce tribunal disent dans leur motion leur "totale incompréhension" quant aux poursuites disciplinaires que le ministre de la Justice, Michel Mercier, pourrait engager en février devant le Conseil supérieur de la magistrature contre Isabelle Prévost-Desprez.

Il est reproché à cette dernière, présidente de chambre correctionnelle, un manquement aux obligations de "prudence, réserve et impartialité" pour ses déclarations dans le livre de journalistes "Sarko m'a tuer", où elle assure que des témoins ont mis en cause Nicolas Sarkozy hors procédure dans l'affaire Bettencourt.

Constatant un dysfonctionnement du fait d'un affrontement personnel, la Cour de cassation a dessaisi fin 2010 Isabelle Prévost-Desprez mais aussi le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, saisis séparément de volets différents d'une enquête sur l'héritière de L'Oréal, au centre d'une affaire menaçante pour le pouvoir exécutif.

La motion de soutien à Isabelle Prévost-Desprez s'étonne qu'elle soit la seule visée par des poursuites disciplinaires possibles, alors que le procureur Courroye vient d'être mis en examen pour une enquête présumée illégale sur des journalistes en marge de l'imbroglio.

"Les magistrats du tribunal de grande instance de Nanterre ne peuvent admettre de telles incohérences qui contribuent à aggraver la déstabilisation d'une magistrate intègre et nuisent à la sérénité de la juridiction", dit le texte.

Aucune décision n'a été prise sur Isabelle Prévost-Desprez. Un rapport de sa hiérarchie est attendu d'ici février. Selon une source judiciaire, il conclut à une conduite fautive de sa part mais la relativise par son affrontement avec Philippe Courroye et propose une inspection administrative au tribunal, solution que le ministre de la Justice refuse jusqu'ici.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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  • warlin le mardi 24 jan 2012 à 18:02

    La révélation du secret de l'instruction ne constitue-t-elle pas une faute grave qui aurait dû entraîner au minimum la mise à pied immédiate et définitive de cette juge rouge?

  • M3101717 le mardi 24 jan 2012 à 17:57

    Ils sont tout de même incroyables ces juges à souhaiter travailler sans aucune presion du pouvoir politique ! Savent-ils au moins dans quel pays nous vivons ?Il manquerait plus que l'on grave sur nos maires Liberte, EGALITE, Fraternité !!!Heureusement, Sarkozy veille au grain :-)

  • chatnour le mardi 24 jan 2012 à 17:42

    le syndicat de la magistrature a encore frappé ! quand donc les magistrats se décideront-ils à se taire ou alors à faire un autre job ? Ce doit être le syndrôme d'eva j... ? De là à penser que ces magistrats considèrent leur fonction comme un tremplin à faire autre chose, il n'y a qu'un pas qu'on peut franchir sans hésitation.

  • M3101717 le mardi 24 jan 2012 à 17:04

    Encore une juge honnête pendue à un croc de boucher !