Début de l'opération humanitaire du HCR dans le nord de l'Irak

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GENEVE, 20 août (Reuters) - Une opération de livraison d'aide humanitaire à destination du demi-million de déplacés ayant fui les djihadistes dans le nord de l'Irak et prévue sur dix jours a débuté mercredi, a annoncé le Haut commissariat de l'Onu aux réfugiés (HCR). Un avion-cargo parti de Jordanie a atterri à Erbil, capitale de la région semi-autonome du Kurdistan irakien, transportant une centaine de tonnes d'aide d'urgence dont des bâches en plastique destinées à monter des abris, des ustensiles de cuisine et des bidons, a déclaré le HCR dans un communiqué. Trois autres vols sont prévus dans les prochains jours et de l'aide humanitaire doit également être livrée par convoi routier et par la mer, 175 camions étant attendus de Turquie, de Jordanie et d'Iran, est-il précisé. Au total, 2.410 tonnes d'aide doit être livrée d'ici le début du mois de septembre. "Il s'agit d'une importante opération logistique (...) destinée à aider les centaines de milliers de personnes désespérées qui ont fui sans n'avoir pu emporter quoi que ce soit et qui luttent désormais pour survivre dans des conditions difficiles", a déclaré le Haut commissaire aux réfugiés Antonio Guterres. Dans le nord de l'Irak, chrétiens et Yazidis ont fui face à l'avancée des djihadistes de l'État islamique (EI), qui ont déclaré un "califat islamique" sur les territoires irakien et syrien dont ils revendiquent le contrôle et qui sont combattus par les peshmerga. L'ALLEMAGNE PRÊTE À LIVRER DES ARMES L'Allemagne a annoncé mercredi l'envoi immédiat de matériel militaire tel que casques et gilets pare-balles pour soutenir les combattants kurdes et Berlin pourrait par la suite leur livrer des armes. "Nous pouvons imaginer fournir d'autres équipements, notamment des armes. La Grande-Bretagne, l'Italie et la France ont décidé d'en envoyer et nous sommes prêts à faire de même", a déclaré à la presse le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. "Tous ces biens permettent de soutenir les forces de sécurité kurdes de façon à ce qu'elles puissent résister aux attaques de l'EI", a ajouté le chef de la diplomatie. François Hollande a pour sa part annoncé qu'il proposerait dès septembre à ses partenaires une conférence internationale sur la sécurité en Irak et la lutte contre l'Etat islamique. ID:nL5N0QQ2FR "Nous ne pouvons plus nous en tenir au traditionnel débat, intervention ou non-intervention. Nous devons envisager une stratégie globale contre ce groupe qui s'est structuré, qui dispose de financements importants et d'armes très sophistiquées, et qui menace des pays comme l'Irak, la Syrie ou le Liban", dit le président français dans un entretien au Monde. L'Etat islamique a recruté plus de 6.000 hommes le mois dernier en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Ses effectifs, jusqu'ici évalués à 15.000 combattants, n'avaient jamais progressé aussi vite, a souligné l'organisation proche de la rébellion et basée à Londres. Sur le plan politique, les ministres kurdes irakiens qui avaient quitté le gouvernement sortant de Nouri al Maliki en raison de divergences avec le dirigeant chiite ont dit avoir repris leurs fonctions. "Je suis de retour à Bagdad en tant que ministre des Affaires étrangères", a déclaré à Reuters Hochiar Zébari, qui avait annoncé lundi le retour des responsables kurdes à la table des négociations dans le but de former un gouvernement d'union à même de repousser les islamistes. (Stephanie Nebehay, Sabine Siebold à Berlin, Chine Labbé à Paris; Agathe Machecourt, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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