Début d'une semaine de grèves, nouvelles manifestations

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NOUVELLES MANIFESTATIONS CONTRE LA LOI TRAVAIL
NOUVELLES MANIFESTATIONS CONTRE LA LOI TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Les routiers ont entamé mardi une semaine de grèves reconductibles, notamment dans les transports, pour appuyer la mobilisation contre la loi Travail qui s'essouffle plus de deux mois après le début de contestation dans la rue.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont de nouveau défilé mardi à l'appel des sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) opposés au texte en réponse à François Hollande, qui a affirmé qu'il ne reculerait pas.

"Je ne céderai pas parce qu'il y a eu trop de gouvernements (...) qui ont cédé, d'où l'état du pays que j'ai trouvé en 2012", a déclaré le chef de l'Etat mardi matin sur Europe 1.

Après le passage en force du gouvernement, qui a eu recours à l'article 49-3 de la Constitution pour faire adopter le texte en première lecture, les syndicats ont prévu deux nouvelles journées de manifestations, ce mardi et jeudi prochain.

"C'est une caricature de dialogue et donc ça renforce la mobilisation. Les citoyens en général et les salariés veulent être écoutés", a déclaré à la presse Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

Lors de la précédente journée du 12 mai, 55.000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, avaient manifesté à travers le pays, contre 390.000 à 1,2 million de personnes le 31 mars, qui était le pic de la mobilisation.

Dans la manifestation parisienne, des CRS se sont mis en tête du cortège pour protéger le service d'ordre syndical qui avait été assailli jeudi dernier par des groupes d'extrême gauche, faisant plusieurs blessés dans ses rangs.

A Marseille, les organisateurs ont compté 80.000 manifestants, mais la police seulement 6.200. A Toulouse, ils étaient entre 2.300 et 3.200, selon les sources. Des syndicalistes ont muré dans la Ville Rose la permanence du député socialiste Christophe Borgel.

PERTURBATIONS MERCREDI A LA SNCF

A Nantes, où la Fnac a été évacuée après des jets de projectiles, 3.500 personnes ont manifesté selon la police.

Dans le centre de Lyon, 7.000 personnes, selon les organisateurs, et 1.700 d'après la police, ont manifesté dans un climat tendu, des jets de projectiles ayant émaillé l'ensemble du défilé en dépit d'un imposant dispositif policier.

Deux jeunes ont été interpellés à Bordeaux, où 2.000 personnes selon la police à 5.000 selon la CGT ont défilé.

Les routiers ont donné le coup d'envoi des grèves dans la nuit de lundi à mardi à l'appel des fédérations FO, CGT et Sud-Solidaires qui ont lancé un mouvement reconductible avec le blocage de zones logistiques et la tenue de barrages filtrants.

Des actions ont été notamment menées près de Bordeaux, à Caen, Rouen, Nantes, Lanester (Morbihan), Saint-Omer (Pas-de-Calais), Lyon, Limoges, Valenciennes, Perpignan, Lille et près de Marseille.

La CGT a également organisé des blocus dans les ports du Havre, de Nantes-Saint-Nazaire, et de Marseille.

"Aujourd’hui le mouvement s’intensifie, comme au port où un arrêt de travail de 72 heures a été voté. La réaction de François Hollande n’arrange rien. Il joue le tout pour le tout, c’est dangereux pour le pays", a dit Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du port de Marseille.

LA RAFFINERIE DE DONGES BLOQUÉE

La raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique) a été également bloquée. "Plus aucune goutte de pétrole ne rentre et ne sort", a assuré Christophe Hiou, responsable CGT.

A la SNCF, la CGT-cheminots et SUD-rail appellent à la grève reconductible à la fois pour peser dans les négociations sur les conditions de travail des cheminots et protester contre le projet de loi Travail.

Les organisations ont opté pour des modalités différentes de grève, chaque mercredi et jeudi pour la CGT-Cheminots et tous les jours pour Sud-Rail.

La SNCF prévoit des perturbations du trafic mercredi avec en moyenne 2 TGV roulant sur 3, 3 RER sur 4 (sauf E), 6 Transilien sur 10, 4 Intercités sur 10 et 1 TER sur 2.

Des perturbations sont également prévues sur les réseaux Thalys entre la France, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas et Izy, sa filiale à bas coûts qui annule tous ses trains de mardi soir au 19 mai inclus.

Le trafic aérien devrait être perturbé jeudi avec l'appel à la grève lancé par l'Usac-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC). L'impact sur la navigation aérienne devrait connu mardi.

(Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse)

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  • 445566ZM il y a 10 mois

    On rigole bien avec la gauche au pouvoir.