Début d'un second tour des élections régionales à suspense

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SUSPENSE AU SECOND TOUR DES ÉLECTIONS RÉGIONALES
SUSPENSE AU SECOND TOUR DES ÉLECTIONS RÉGIONALES

PARIS (Reuters) - Un mois jour pour jour après les attentats de Paris, 44,6 millions de Français sont appelés à voter dimanche pour un second tour d'élections régionales qui s'annonce disputé entre la gauche, la droite classique et le Front national (FN).

Le premier tour, le 6 décembre, a été marqué par un taux d'abstention de 50,09% et les bons scores réalisés par la formation d'extrême droite, arrivée en première position au plan national avec 28% des suffrages.

Dans les 13 régions métropolitaines, les listes encore en lice s'affrontent dans deux duels (Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte d'Azur), dix triangulaires, et une quadrangulaire en Corse.

Le FN a viré en tête dans six régions (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, PACA), la droite et ses alliés centristes dans quatre (Auvergne-Rhône-Alpes, Ile-de-France, Normandie et Pays de la Loire) et la gauche dans deux (Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Bretagne) ainsi qu'en Corse.

La gauche peut espérer conserver la Guadeloupe et la Martinique, la droite est bien placée à La Réunion et en Guyane.

Face à la montée du FN, le Parti socialiste, sous l'impulsion de François Hollande et Manuel Valls, a réactivé un "front républicain" écorné en demandant à ses candidats de se retirer dans deux régions, laissant les seuls candidats de la droite affronter le FN.

CONSIGNE DU PS

Il s'agit du Nord-Pas-de-Calais Picardie où Marine Le Pen (40,64% au premier tour) est donnée perdante par plusieurs sondages face à Xavier Bertrand, qui accusait un retard de 15 points sur son adversaire au soir du premier tour.

Et de Provence-Alpes-Côte d'Azur, où le duel entre Marion Maréchal-Le Pen (40,55%) et Christian Estrosi, à près de 14 points derrière, s'annonce plus serré.

Le maire de Nice, un proche de Nicolas Sarkozy qui incarne l'aile droite des Républicains, s'est mué en candidat du rassemblement, en "résistant" gaulliste, pour attirer les voix des électeurs de gauche et des abstentionnistes.

Dans le Nord, Xavier Bertrand, qui a pris ses distances avec Nicolas Sarkozy, a assuré que la primaire à droite pour la présidentielle de 2017 n'était plus sa priorité et qu'il se consacrerait à la région s'il était élu.

En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, le chef de file socialiste, Jean-Pierre Masseret, arrivé en troisième position, a refusé de se soumettre à la consigne du bureau national du PS et se présente sans étiquette au risque de favoriser le FN. La triangulaire place le candidat FN Florian Philippot en position très favorable face au chef de file de la droite Philippe Richert, président sortant (LR) de l'Alsace.

Le Premier ministre, Manuel Valls, qui estime que le FN peut conduire à "la guerre civile", a appelé les électeurs de gauche à voter, en les nommant, pour Xavier Bertrand, Christian Estrosi et Philippe Richert.

SARKOZY CONTESTÉ

Très en retrait depuis le coup de semonce du premier tour, où la gauche est arrivée en troisième position, François Hollande est intervenu mercredi en conseil des ministres pour exhorter "tous les responsables politiques" à la "clarté".

Une déclaration interprétée à la fois comme un appel à faire barrage au FN et une critique à l'endroit de Nicolas Sarkozy, qui prône la doctrine du "ni ni" (ni fusion avec les listes PS, ni retrait face au FN) malgré des contestations internes.

L'ancien chef de l'Etat a estimé en outre mardi que voter FN n'était "pas immoral", dans l'espoir d'un report des voix de ses quelque six millions d'électeurs.

Dans les régions où, selon Jean-Christophe Cambadélis, "le total gauche permet de l'emporter", socialistes, écologistes et/ou Front de gauche ont fusionné leurs listes, à l'exception de la Bretagne où le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, bien placé pour l'emporter, a refusé une alliance avec EELV.

En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, la socialiste Carole Delga est donnée largement gagnante par les sondages. En Normandie et en Ile-de-France, droite et gauche sont au coude à coude.

En Ile-de-France, la campagne s'est achevée dans l'acrimonie, le socialiste Claude Bartolone accusant son adversaire de droite Valérie Pécresse d'être l'avocate de "la race blanche".

Une victoire en Ile-de-France permettrait à la droite de gommer la contre-performance du premier tour, qui a sonné l'heure des explications dans l'ex-UMP où Nicolas Sarkozy est de plus en plus contesté en vue de la présidentielle de 2017.

(Service France, édité par Simon Carraud)

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