Débrayage aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire

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DÉBRAYAGE AUX CHANTIERS NAVALS STX DE SAINT-NAZAIRE
DÉBRAYAGE AUX CHANTIERS NAVALS STX DE SAINT-NAZAIRE

RENNES (Reuters) - Entre 500 et 600 ouvriers des chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) ont débrayé une heure mercredi pour protester contre un "accord de compétitivité" négocié par la direction pour remporter une commande de la société italienne MSC Croisières, a t-on appris auprès des syndicats.

Cette commande porterait pour 2,4 milliards d'euros sur deux paquebots géants, avec une option pour deux navires supplémentaires, mais elle se heurterait à un problème de prix, a déclaré Erminio Eschena, directeur général de MSC Croisières, dans un entretien au Figaro daté de mardi.

"L'accord de compétitivité négocié avec les syndicats porte sur une modification du coût du travail pour gagner 5% de compétitivité", a dit à Reuters un porte-parole de la direction.

Il a précisé que le devis présenté par STX France pour la commande de MSC était de 30 millions d'euros supérieur à ce que souhaitait le croisiériste italien.

Deux des principaux concurrents de Saint-Nazaire, les chantiers italiens Fincantieri et allemands Meyerwerft, auraient fait des offres plus intéressantes pour les deux paquebots.

Les syndicats CGT et Force ouvrière ont dénoncé le "chantage à la commande" de la direction, qui souhaiterait allonger le temps de travail sans accorder de rémunération supplémentaire.

"La direction voudrait qu'on accepte de travailler gratuitement, ce qui est une régression sociale. Il y a déjà beaucoup de chômage, les salariés ont déjà fait beaucoup d'efforts et ne veulent pas être la variable d'ajustement", a déclaré à Reuters Joël Cadoret, délégué CGT.

Selon la déléguée FO Nathalie Durand-Prinborgne, la direction souhaiterait augmenter le temps de travail de "20 minutes par jour sans aucune compensation".

CONTEXTE DIFFICILE

Ce conflit intervient dans un contexte difficile pour les chantiers STX France, détenus à 66,6% par STX Europe, filiale à 100% du groupe coréen STX Business, et à 33,3% par l'Etat français.

STX envisage de se désengager en raison de ses difficultés financières et, selon Nathalie Durand-Prinborgne, les Coréens mettraient la pression sur la direction pour obtenir les commandes de MSC dans la perspective d'une future vente, plus avantageuse, de STX Europe.

La dernière commande d'un paquebot de croisière remonte à décembre 2012, avec la construction d'Oasis, nouveau monstre des mers, pour l'armateur américain Royal Caribbean Cruises.

Seule autre perspective apparue ces derniers jours, la construction d'un ferry à gaz liquéfié, le plus grand au monde, pour la compagnie maritime de transport de passagers Brittany Ferries, basée à Roscoff (Finistère).

La signature de ce contrat devrait intervenir prochainement, a indiqué lundi dans un communiqué la compagnie de transport transmanche, qui cherche une solution innovante pour amorcer une "transition écologique" dans le renouvellement de sa flotte.

Les anciens chantiers navals de l'Atlantique, dont le c?ur de métier demeure les paquebots de croisières géants, emploient actuellement quelque 2.200 salariés dont 600 se trouvent au chômage partiel, selon la CGT.

Soumis à des turbulences périodiques selon les aléas de son carnet de commandes, STX a déjà construit dix paquebots pour la société italienne MSC Croisières, l'un de ses clients les plus fidèles.

Le gouvernement français a assuré qu'il était mobilisé pour conforter l'avenir des chantiers navals de Saint-Nazaire, nullement menacés selon lui par la volonté exprimée par le groupe sud-coréen de se désengager.

STX Offshore & Shipbuilding a annoncé qu'il envisageait de vendre ses chantiers navals en France, en Finlande et Chine dans le cadre du plan de désendettement lancé par sa maison mère pour faire face au ralentissement du marché mondial de la construction navale.

Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse

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  • M8252219 le mercredi 18 déc 2013 à 15:21

    100% des personnels sont à la merci de quelques syndicalistes qu'ils réagissent

  • M8252219 le mercredi 18 déc 2013 à 15:19

    DÉBILES

  • LeRaleur le mercredi 18 déc 2013 à 15:01

    Bonne idée, ils vont pouvoir aller jusqu'au 10 janvier, peinard pour les fêtes. Elle est pas belle la vie.

  • nebraska le mercredi 18 déc 2013 à 14:49

    "Les syndicats CGT et Force ouvrière ont dénoncé le "chantage à la commande" de la direction, qui souhaiterait allonger le temps de travail sans accorder de rémunération supplémentaire." On marche sur la tete dans notre pays. Tous ces mecs devraient crééer leur boite et la gérer, ils verraient si ce sont les salariés qui font la lois ou les clients !!!