Debray empêtré dans la "République" de Sarkozy ?

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Statue de Marianne, place de la République à Paris. Photo d'illustration.
Statue de Marianne, place de la République à Paris. Photo d'illustration.

Nicolas Sarkozy avait prévenu : désormais, il écouterait les intellectuels. "Il faut aller vers les penseurs !" s'exclamait en novembre 2014 le futur président de l'UMP dans son grand meeting de la porte de Versailles. Vers les "penseurs", vers la "science", vers la "culture", vers la "philosophie" ; en somme, vers le "talent" sans lequel, assurait-il, la politique n'est que "politicaille". L'un des intéressés au moins se serait passé de l'hommage. Le philosophe Régis Debray, dont l'ancien chef de l'État s'inspire (sans le citer) dans sa promotion du nom de "Républicains" pour le parti qu'il a reconquis, est amené aujourd'hui à prendre ses distances, et préciser sa pensée. De quoi s'agit-il ? D'une longue tribune, publiée en novembre 1989 par Le Nouvel Observateur à la suite de la première "affaire du voile". Titré "Êtes-vous démocrate ou républicain ?" le texte proposait la distinction de deux modèles. Le modèle "démocrate", dominant dans le monde anglo-saxon, où "la société domine l'État", qui peut laisser prospérer les particularismes et aménage "l'antagonisme des intérêts et l'inégalité des conditions" par "la voie pragmatique du contrat, de gré à gré". Le modèle "républicain", d'émanation française, où "l'État surplombe la société", compte sur la primauté de la loi pour assurer la coexistence sociale et, par absolue nécessité, ajoute "et du citoyen" à toute "déclaration des droits de l'homme".Enlever à...

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