Débat sur la fin de vie : «On a laissé mon fils mourir de faim et de soif»

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Débat sur la fin de vie : «On a laissé mon fils mourir de faim et de soif»
Débat sur la fin de vie : «On a laissé mon fils mourir de faim et de soif»

Le « temps du deuil », promis par les médecins, aura été pour les époux Pierra celui du spectacle d'une agonie. Celle de leur fils, Hervé, décédé au terme de six jours « d'horreur » après huit ans et demi de coma végétatif en 2006. Le jeune homme de 28 ans était alors l'un des premiers cas pour lesquels la loi Leonetti était appliquée. Une loi instituant un droit au « laisser-mourir » qui ne leur sera accordé qu'après d'âpres confrontations avec le corps médical « mal informé et pétrifié par la peur de se retrouver devant un tribunal, accusé d'euthanasie. »

« Au bout du compte, on a laissé mon fils mourir de faim et de soif », résume de colère Danièle, cette maman qui s'est rendue tous les jours au chevet de son « ange », d'abord hospitalisé à Clamart, dans les Hauts-de-Seine), puis dans un centre de soins de long séjour à Saumur, dans le Maine-et-Loire, où ils habitaient alors.

Leur combat pour que plus personne ne meure ainsi

Depuis, les Pierra ont déménagé en Vendée « pour tourner la page ». Mais ce combat pour faire reconnaître l'insuffisance de la loi sur la fin de vie, adoptée en 2005, Paul Pierra et son épouse continuent à le mener tous les jours sur leur blog. Ils l'ont rappelé, le 7 décembre, lorsqu'ils ont été auditionnés par la conférence citoyenne, organisée par le Comité consultatif national d'éthique qui rendra son avis aujourd'hui sur l'euthanasie et le suicide assisté.

Pèsera-t-il dans la loi promise par le candidat Hollande? « Vous savez, nous sommes dans un pays où l'on s'écoute beaucoup parler. Or, sept ans après la mort de mon fils, nous en sommes toujours au même point. Des familles doivent encore traverser des épreuves inhumaines. La loi évoluera peut-être pour les gens atteints de maladies incurables, qui peuvent exprimer leur consentement. Mais pour les personnes inconscientes, je ne pense pas que l'on écoutera leur silence ...

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