Débat rouvert sur indépendance et pluralisme des médias

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DÉBAT ROUVERT SUR L'INDÉPENDANCE DES MÉDIAS
DÉBAT ROUVERT SUR L'INDÉPENDANCE DES MÉDIAS

PARIS (Reuters) - La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, veut "ouvrir une discussion" sur l'indépendance des journalistes et le pluralisme de la presse face à la concentration actuelle des médias en France, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement.

Selon des sources parlementaires et proches du gouvernement, des pistes réglementaires et législatives sont envisagées pour élargir les missions du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et renforcer les garanties dans ce domaine.

"C’est un sujet très important, on doit assurer cette garantie de liberté. (Fleur Pellerin) ouvre ce débat, je ne sais pas quelles en seront les conclusions", a dit Stéphane Le Foll lors du compte rendu du conseil des ministres.

Il s'agit de "regarder la situation que nous rencontrons aujourd’hui" et de "garantir la liberté" et "l'équilibre de la presse dans tous les secteurs", a-t-il ajouté. "Sur ce sujet, les négociations, les discussions sont ouvertes."

Interpellée ces derniers temps sur la reprise en main de Canal+ par le milliardaire breton Vincent Bolloré, Fleur Pellerin a finalement fait savoir qu'elle réfléchissait à des évolutions législatives ou réglementaires, sans toutefois remettre en cause le mouvement de concentration lui-même.

"Sur le plan économique, la France a besoin de groupes multimédias solides et dynamiques, des fleurons capables d'affronter la compétition internationale", a-t-elle ainsi dit le 3 octobre au Figaro. "Mais je veux aussi qu'il puisse y avoir des garanties sur le pluralisme et la liberté d'expression."

La ministre de la Culture ne se place aucunement sur le terrain de l'actionnariat, a confirmé à Reuters le député socialiste Patrick Bloche, président de la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée, spécialiste de ce dossier.

Les mesures envisagées "ne sont pas des dispositifs anti-concentration", dit-il. Et ce ne sont en rien des "mesures anti-Bolloré", assure-t-il encore. "Ça vaudra pour tout le monde."

COMITÉS ÉTHIQUES

"Il s'agit essentiellement d'élargir les missions du CSA pour lui permettre d'interpeller les actionnaires" des grands groupes multimédia "en cas de mise en danger de l'indépendance des rédactions et du pluralisme", explique Patrick Bloche.

Une des pistes étudiées consiste à intégrer aux conventions liant les groupes audiovisuels et le CSA des dispositions visant notamment à garantir l'indépendance des rédactions vis-à-vis des intérêts économiques des actionnaires et des annonceurs.

Cela comprendrait la mise en place obligatoire de comités éthiques, l'élaboration de chartes déontologiques et l'extension du statut de "lanceur d'alerte" pour protéger les journalistes qui signaleraient d'éventuels manquements à la convention.

Ces pistes doivent encore être "travaillées avec le CSA et les journalistes" et arbitrées par le chef de l'Etat et le Premier ministre, confirme-t-on de source proche du dossier.

Elles concernent surtout à ce stade les médias audiovisuels, qui ont avec le CSA un organisme régulateur, alors qu'il n'en existe pas pour la presse écrite, où les restructurations se soldent pourtant par d'importantes coupes dans les effectifs.

Fleur Pellerin s'est jusqu'ici bornée à dire qu'elle serait "très vigilante" concernant "la bonne santé sociale du secteur".

Reste à savoir quelle forme prendront les mesures étudiées. Le ministère de la Culture pourrait être tenté de les introduire sous forme d'amendement dans le projet de loi sur la création en cours d'examen au Parlement.

Pour Patrick Bloche, ce serait prendre un risque vis-à-vis du Conseil constitutionnel, qui pourrait "prendre ombrage" d'un élargissement du champ de ce projet de loi. "Il faudra peut-être passer par un véhicule législatif spécifique", estime-t-il.

(Emmanuel Jarry, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • pde-ramb le mercredi 14 oct 2015 à 15:30

    La presse est en mauvaise posture, mais jamais on ne met en cause la qualité des journalistes et des débats. Tout se passe comme si les journalistes eux-mêmes plutôt que de défendre la liberté d'expression et la pluralité des idées s'érigeaient en procureurs de la bien- pensance. Lisez Libé, Le Monde, Le Figaro, vous n'y trouverez rien d'autre que ce que vous vous attendez à lire, pas ou très peu d'idées originales, qui font réfléchir. Et quand il y en a une, haro sur le baudet!.

  • marando2 le mercredi 14 oct 2015 à 15:28

    je pensais en lisant le titre qu'elle allait attaquer ses copains Pigasse, Niel , Drahi…… Noooooon Rien de changé sous le soleil et on attend toujours que le FN ( 25 ou 30% ou 34 %? ) cesse d'être exclu de la presse écrite ou télévisuelle

  • aerosp le mercredi 14 oct 2015 à 15:19

    les socialistes veulent nous faire croire qu'ils réagissent à ce qui se passe à l'Express. La france est un pays démocratique de façade

  • didier-r le mercredi 14 oct 2015 à 15:17

    La liberté d'expression n'existe plus en France que pour dire des choses qui ne dérangent pas le pouvoir. Exemples récents:- Philippe Verdier viré de France 2 pour ses propos sur le "réchauffement" climatique.- mes commentaires sur ce site qui sont censurés dès que je parle de certaines vérités...