Débat républicain en Floride où la tension devrait retomber

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    par Steve Holland 
    WASHINGTON, 10 mars (Reuters) - Les candidats à 
l'investiture républicaine se retrouvent jeudi soir en Floride 
pour un nouveau débat que l'on attend plus apaisé que lors de 
leurs précédentes confrontations, à plus forte raison après le 
spectacle auquel ils se sont livrés il y a une semaine à 
Detroit. 
    Les quatre candidats encore en lice devraient s'efforcer, à 
partir de 01h30 GMT sur CNN, de retrouver leur sérieux pour 
convaincre les électeurs républicains qui s'exprimeront mardi 
dans l'Ohio et en Floride. 
    Ces deux scrutins seront cruciaux pour le sénateur floridien 
Marco Rubio et le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, qui devront 
faire le plein de voix à domicile sous peine d'être évincés de 
la course. 
    Si les sondages mettent John Kasich et Donald Trump au coude 
à coude dans l'Ohio, la tâche s'annonce ardue pour Marco Rubio 
très nettement distancé par l'homme d'affaires new-yorkais, 
selon le site RealClearPolitics.com qui compile différentes 
enquêtes d'opinion. 
    Or, dans ces deux Etats, c'est le candidat arrivé en tête 
qui raflera tous les délégués en jeu (99 en Floride, 66 dans 
l'Ohio). 
    Les attaques multiples et répétées subies une semaine durant 
par Donald Trump ne l'ont pas empêché de l'emporter mardi dans 
le Michigan, le Mississippi et à Hawaï en dépit d'un discours 
qui continue de contrarier l'état-major républicain. 
    Jeudi, il a réclamé un durcissement de l'attitude américaine 
dans les négociations commerciales avec le reste de la planète 
et s'est exprimé sur la question des dévaluations qui posent 
selon lui un certain nombre de problèmes.   
    "Je suis partisan du libre-échange, mais il faut être 
représenté par des individus de qualité, intelligents et rusés 
et ce n'est actuellement pas le cas", a-t-il déclaré à la chaîne 
CNBC. "C'est le cas dans d'autres pays et c'est la raison pour 
laquelle ils y trouvent tous leur compte." 
     
    "PLUS LÉGER" 
    Donald Trump a dit mercredi à CNN espérer un "débat plus 
agréable, moins dur et plus léger", tout en ajoutant "je serai 
prêt. Je suis le seul capable de battre Hillary". 
    La tonalité du débat devrait toutefois dépendre de la 
volonté de Donald Trump, lui qui avait à plusieurs reprises 
promis d'adopter une posture plus mesurée à l'égard de ses 
rivaux avant de les attaquer violemment. 
    "A leur place, je m'efforcerais d'élever le débat pour 
revenir à la question de savoir pourquoi ils sont candidats à la 
présidence car c'est ce qui est en jeu à cette élection", a 
déclaré Eric Fehrnstrom, qui conseillait le républicain Mitt 
Romney lors de la campagne de 2012. 
     
    DERNIÈRE CHANCE 
    Lors du débat de jeudi dernier, Donald Trump a subi les 
assauts de Marco Rubio, qui a critiqué certains aspects de 
l'empire financier de l'homme d'affaires, et ceux de Ted Cruz 
qui a interrogé ce dernier sur l'aide qu'il a par le passé 
apportée des candidats démocrates. 
    Mais beaucoup ont surtout retenu les échanges acrimonieux 
entre Rubio et Trump lorsque le premier a évoqué la taille des 
mains du second, une référence, selon Trump, à la taille de son 
pénis. 
    Le sénateur de Floride a depuis regretté cette attaque. "En 
ce qui concerne ce qui a trait aux questions personnelles, oui, 
en fin de compte, ce n'est pas quelque chose dont je sois fier. 
Mes enfants ont eu honte et si c'était à refaire, je ne le 
referais pas", a-t-il dit mercredi à MSNBC. 
    Du côté de Ted Cruz, l'objectif principal est d'écarter 
définitivement de la course Marco Rubio et John Kasich pour unir 
derrière lui l'électorat républicain hostile à Donald Trump. 
    "Trump essaye clairement de se comporter comme s'il pouvait 
être un homme d'Etat", déclare Saul Anuzis, ancien président du 
Parti républicain du Michigan et partisan de Ted Cruz. "Cruz va 
démontrer pourquoi il peut battre Trump et se présenter comme 
une alternative viable. De notre point de vue, nous pensons que 
c'est une course qui se court à deux." 
    Pour Marco Rubio, la primaire de Floride a tout du combat de 
la dernière chance. Ses adversaires ont souligné que son retour 
dans l'Etat du sud des Etats-Unis pourrait l'inciter à renouer 
avec le discours optimiste qu'il a tenu des mois durant avant 
d'être débordé par Trump. 
    Le jeune sénateur a d'ailleurs admis mercredi que la 
campagne se jouerait en Floride. 
    "Le candidat désigné doit gagner en Floride. On ne peut pas 
être le candidat républicain si on ne remporte pas la Floride", 
a-t-il dit. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les primaires:   
 
 (Nicolas Delame pour le service français) 
 
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