Débat en Allemagne sur l'utilisation d'une "cagnotte" budgétaire

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L'UTILISATION D'UNE "CAGNOTTE" BUDGÉTAIRE FAIT DÉBAT EN ALLEMAGNE
L'UTILISATION D'UNE "CAGNOTTE" BUDGÉTAIRE FAIT DÉBAT EN ALLEMAGNE

par Noah Barkin et Michelle Martin

BERLIN (Reuters) - Un vif débat s'est engagé en Allemagne sur l'utilisation d'une "cagnotte" budgétaire créée par des rentrées fiscales en hausse, les conservateurs au pouvoir envisageant de la réinjecter dans l'économie tandis que l'opposition sociale-démocrate privilégie une réduction de la dette.

Alors que quasiment tous les autres pays de la zone euro éprouvent les pires difficultés à boucler leur budget, le ministère allemand des Finances a annoncé vendredi dans son rapport mensuel que les rentrées fiscales du mois d'août avaient bondi de 12,8% par rapport au même mois de 2011, pour atteindre 41,3 milliards d'euros.

En outre, le taux de chômage est à 6,8%, quasiment son niveau le plus bas depuis la réunification en 1990, et les salaires sont en hausse.

En mai, le syndicat IG Metall a obtenu une revalorisation salariale de 4,3% pour ses 3,6 millions d'adhérents, soit la plus forte hausse en 20 ans. Deux mois plus tôt, les fonctionnaires avaient arraché une augmentation de 6,3% sur deux ans.

En conséquence, les recettes fiscales ont augmenté de 5,8% depuis le début de l'année alors que le gouvernement tablait sur une hausse de 4% pour l'ensemble de l'année.

A un an des prochaines élections législatives, les conservateurs de la chancelière Angela Merkel proposent de légères baisses d'impôts ou de nouvelles dépenses en faveur de l'enfance et des retraités.

"Nous sommes un moteur de croissance et un pôle de stabilité", a déclaré vendredi le porte-parole du ministère des Finances, Martin Kotthaus. "Nous prenons ces deux rôles au sérieux et cela se reflète dans notre projet de budget."

L'opposition dénonce pour sa part les six milliards d'euros d'allègements fiscaux envisagés par le gouvernement. Les sociaux-démocrates considèrent que cette "cagnotte" doit être consacrée à la réduction de la dette, conformément aux politiques que la chancelière allemande exige des pays européens en difficulté.

"Il est irresponsable de contracter de nouvelles dettes en période de rentrées fiscales records", a déclaré Carsten Schneider, spécialiste des questions budgétaires au sein du Parti social-démocrate (SPD).

Le gouvernement prévoit des nouveaux emprunts nets de 32,1 milliards d'euros en 2012 puis de 18,8 milliards en 2013. Son objectif est d'équilibrer totalement le budget d'ici 2016.

"Nous devons consolider notre budget. C'est la priorité, et non pas d'offrir de nouvelles baisses d'impôts", a insisté Kurt Beck, ministre-président social-démocrate du Land de Rhénanie-Palatinat.

En raison des difficultés de ses voisins, les exportations de l'Allemagne devraient faiblir au cours du second semestre 2012, ce qui ralentira le rythme des recettes fiscales malgré la vigueur de la demande intérieure, selon le ministère des Finances.

Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand

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