De très bonnes ventes pour les Hospices de Beaune

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VIDÉO - Grâce aux talents de Luchini, la cuvée du président est partie à 400.000 euros. Avec moins de pièces que l'an dernier, 643 contre 799, les ventes moyennes ont été supérieures.

La 150e vente des vins des Hospices de Beaune a battu ce dimanche un record historique. Celui du prix de sa pièce de charité, la traditionnelle «pièce du Président», adjugée à 400.000 euros. Un fût exceptionnel de 500 litres pour un Beaune 1er cru, cuvée Nicolas Rolin, dont le prix de la vente est allé au profit de l'association de recherche contre le cancer du professeur David Khayat et de la Croix Rouge.

A titre de comparaison en 2008, la pièce de charité avait été adjugée à 50.000 euros, loin du précédent record de 200.000 euros de 2006, des fûts dans les deux cas d'une contenance habituelle de 228 litres. «Le geste que j'ai fait c'est avec le c½ur, a expliqué Jacques Boisseaux, président de la maison familiale Patriarche fondée en 1780 et propriétaire du château de Meursault. «L'année dernière, j'ai été touché par des amis atteints du cancer comme ceux dont parlaient le professeur Khayat. C'est déjà une somme mais il en faudra beaucoup plus encore pour faire avancer la recherche contre cette foutue maladie », a poursuivi l'acquéreur de la pièce.

Un record qui est aussi le fruit d'un grand show du comédien Fabrice Luchini. C'est lui qui était le président d'honneur de cette édition 2010. Bruce Willis, un temps pressenti, a du décliner cette proposition semble-t-il à cause de son engagement contractuel avec le groupe français de spiritueux Belvédère et sa célèbre vodka polonaise. «Depuis ces 25 dernières années, Luchini a certainement été le plus grand président», affirme Albéric Bichot, responsable de la maison de vin éponyme, et plus gros acheteur de cette journée.

Reste que la cuvée du président n'est que l'apogée de cette vente de grands bourgognes, propriétés des Hospices de Beaune. Au total un domaine d'une soixantaine d'hectares obtenus lors de legs. Quarante-cinq cuvées (Montrachet, Pommard, Corton, Beaune, Meursault, Mazis-Chambertin, Volnay...) ont été proposées aux enchères soit 643 pièces. Pour un chiffre d'affaires qui a atteint précisément 4.878.760 euros, soit une baisse 2,5% par rapport à 2009. Toutefois le montant moyen par fût, il y en avait 799 l'an dernier, est supérieur à celui de l'an dernier. Les 543 pièces de rouge ont été adjugées à 3.330.500 euros, (+12,6 ) et la centaine de pièce de Blancs s'est envolée pour 1.143.700 euros (+15,7%). De nombreux clients étrangers, 15 nationalités au total avec pour la première fois des Vietnamiens et Coréens, étaient présents parmi les acheteurs. Comme ce restaurateur russe de luxe, Leonid Garbar du Stroganoff à Saint Petersburg. Il a mis la main sur un fût de Pommard pour 5500 euros. «Les clients russes aiment les vins italiens mais sont curieux de nouveauté et apprécient les vins français dont les bourgognes», reconnaît-il. D'autres tel cet écossais associé chez KPMG à Londres achète pour son plaisir. Il n'a pas hésité à mettre 50.000 euros pour un fût. Enfin, autre exemple, un propriétaire brésilien de 10 supermarchés de luxe à Sao Polo, Bernardo, est venu en éclaireur pour l'année prochaine. Tous les cas de figure sont donc possible.

A noter cette année encore, le succès des ventes par internet. «Nous avons eu 150 clients sur internet, soit plus de 50 % par rapport à l'an dernier», se félicite Jean-David Camus, directeur marketing de la maison Bichot. C'est très encourageant, c'est pour cela que la vente reste ouverte aux particuliers même après la vente.»

Le produit de ces pièces financer une partie du budget de l'hôpital de Beaune, 5% environ, une part non négligeable qui servira aussi à l'entretien de l'Hôtel-Dieu, bâtiment historique datant de 1443 d'où sont issues ces célèbres ventes de charité.

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