« De suite, il a crevé l'écran »

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« De suite, il a crevé l'écran »
« De suite, il a crevé l'écran »

Alain Mounic suit Usain Bolt depuis une dizaine d'années. Il l'a vu éclore, battre des records du monde, collectionner des médailles et l'a côtoyé en Jamaïque. Des tranches de vie, captées grâce à son objectif, qui l'ont marqué à jamais.

« Pour nous photographes, Usain Bolt est le client idéal. Je n'ai jamais fait une course de lui durant laquelle il ne se passe rien. Au-delà du sportif, l'athlète ne laisse pas indifférent. Il fait des signes, des grimaces, il sourit tout le temps. Il a toujours un petit regard, un petit geste pour nous. A chaque fois qu'il gagne, il se positionne sur la ligne pour faire son geste de l'archer. Parfois, des caméramans se mettent devant, il leur dit direct : Sortez, c'est pour la photo ! Ce n'est pas du narcissisme, Usain Bolt est spontané. Beaucoup d'athlètes ont essayé de l'imiter, ça n'a jamais pris.

Je le suis depuis une dizaine d'années. Je suis allé deux fois en Jamaïque, j'ai pu le côtoyer en dehors des stades. Du coup, il me reconnaît. Aux Mondiaux de Berlin en 2009, j'étais tout seul à quelques mètres de lui, juste avant une demi-finale du 200 m. Il n'arrêtait pas de me faire des grimaces. J'étais gêné, trente secondes après il avait un départ et il me faisait des mimiques. (Rires.) Une telle fraîcheur a fait du bien. »

« Je me souviens encore des Jeux de Pékin, en 2008, de ce visage juvénile, de cette explosion de joie et de ce maillot jaune qui claque lorsqu'il franchit la ligne d'arrivée de la finale du 100 m. C'était une si belle image ! De suite, il a crevé l'écran. Je l'ai photographié vendredi sur le podium du 200 m, peu avant la finale du relais. Il était plus tendu que d'habitude. Je l'ai trouvé froid et distant. A la fin de son 4 x 100 m, j'ai senti une rage, son visage était dur et marqué. Comme s'il devait désormais cravacher. » Il est clair qu'Usain Bolt nous manquera, à nous photographes. Son côté spectacle, évidemment. Mais son naturel ...

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