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    Le Monde le 10/08/2012 à 12:18
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    De Shanghaï à Locarno, un condamné à mort s'est échappé:




    Ying Liang est en Suisse pour présenter Quand tombe la nuit, son troisième long-métrage, présenté en compétition au Festival de Locarno. Il repartira pour Hongkong et s'y arrêtera. Il ne pourra continuer jusqu'à Shanghaï, sa ville, il ne pourra pas aller voir ses parents. Depuis la fin du tournage de Quand tombe la nuit, Ying Liang et sa famille font l'objet d'un harcèlement permanent des autorités de Chine populaire. Derrière ce titre neutre, on découvre un fait divers qui a profondément secoué l'opinion publique chinoise : l'affaire Yang Jia, un jeune homme exécuté en novembre 2008 après avoir été convaincu, en une heure et à huis clos, d'avoir poignardé à mort six policiers de Shanghaï en juillet de la même année, celle des Jeux olympiques de Pékin.

    Le film de Ying Liang adopte le point de vue de la mère du condamné. Au lendemain des faits, elle a été internée de force dans un hôpital psychiatrique qu'elle n'a pu quitter qu'après la fin du procès. Les irrégularités de la procédure, les mauvais traitements que Yang Jia avait subis aux mains de la police, avant de perpétrer le massacre, ont fait du jeune homme une cause célèbre que l'artiste Ai Weiwei, entre autres, a épousée.

    C'est presque un lieu commun, lorsque l'on parle de la censure chinoise, que de dire que les deux sujets les plus sensibles sont le Tibet et la peine de mort. Lorsque, fin 2011, le Festival coréen de Jeonju a commandé un long-métrage à Ying Liang, celui-ci n'a pourtant pas hésité sur le sujet à traiter : l'affaire Yang Jia. "Je l'ai fait par nécessité, explique le jeune cinéaste, âgé de 35 ans. Parce que cette histoire fait écho à la mienne. D'abord, elle s'est passée dans le quartier de mon enfance, à Shanghaï. Ensuite, parce que mon père a été interné trois ans, en 1988, quand j'avais 11 ans, sans que jamais on donne d'explication ...



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