De plus en plus de ménages s'endettent sur plus de 20 ans

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En octobre, les taux immobilier ont encore baissé pour atteindre 1,33% en moyenne, relève Crédit Logement. Cette baisse des taux équivaut à une baisse des prix de l’immobilier de 7,5% sur un an.

Il est encore temps de profiter des taux immobiliers ultra bas, avant qu’ils n’amorcent une légère remontée. Au mois d’octobre, les ménages se sont endettés à un taux de 1,33% en moyenne, contre 1,41% en septembre, selon le baromètre publié ce jeudi par Crédit Logement. Ils bénéficient depuis le début de l’année 2012 et en particulier depuis 2015 d’une situation exceptionnelle: sur un an, les taux ont encore chuté de 0,92 point sous l’effet de la politique accomodante des banques centrales, ce qui équivaut à une baisse des prix de l’immobilier de 7,5% depuis octobre 2015 et même de 24% depuis la fin de l’année 2011.

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Tous les profils d’emprunteurs ont bénéficié de cet effet d’aubaine: les ménages aux dossiers les moins favorables, qui obtiennent de la part des banques les taux de crédit les moins intéressants s’endettent par exemple à un taux de 2,07% sur 25 ans en moyenne, contre 3,10% il y a un an. Ceux présentant les meilleurs dossiers concluent leur prêt à un taux de 1,14% sur 20 ans contre un peu plus de 2% en octobre 2015. Sur 15 ans, il est même désormais possible d’emprunter à un taux inférieur à 1%. «Les niveaux actuels des conditions de crédit permettent à tous les ménages de rentrer sur le marché de l’accession, sur des durées longues, sans que cela ne les pénalise», relève Crédit Logement.

Légère remontée en 2014

Cette exceptionnelle baisse des taux a de fait aussi profité aux ménages les moins aisés ou les plus jeunes, dotés d’un moindre apport et à qui les banques consentent les crédits sur les durées les plus longues. Au troisième trimestre 2016, près de 70% des jeunes emprunteurs (âgés de moins de 35 ans) se sont ainsi endettés sur 20 ans et plus. Un tiers d’entre eux ont même étalé leurs remboursements sur une durée allant de 25 à 30 ans! Ces conditions exceptionnelles permettent aux emprunteurs d’acquérir des biens plus chers, de meilleure qualité ou mieux situés.

Les Français profitent à plein de ces conditions de crédit avantageuses, qu’ils renégocient leur prêt ou qu’ils achètent un logement. En septembre, selon la Banque de France, le nombre de nouveaux crédits à l’habitat souscrits a encore progressé de 3,8%. Ce sont 23,7 milliards d’euros de crédits qui ont été octroyés le mois dernier, un montant inédit depuis 2003, date jusqu’à laquelle remontent les données publiques de la Banque de France. Les renégociations de crédits représentent un peu plus de la moitié de ces nouveaux prêts. «Compte tenu de ce contexte exceptionnel, la progression de l’activité du crédit aurait même pu être meilleure», regrette Crédit Logement.

Les emprunteurs ont en effet raison de s’endetter en 2016, avant que les taux ne remontent légèrement en 2017. Les banques ont probablement consenti en cette rentrée leurs derniers efforts commerciaux de l’année, «avant que la demande n’entre en sommeil à l’approche de l’hiver», note Crédit Logement. La hausse des taux devrait cependant rester modérée, les banques souhaitant notamment rester compétitives sur ce segment et les taux de marché ne devant pas beaucoup remonter. L’établissement prévoit un taux moyen plafonnant à 1,70% à la fin de l’année prochaine.

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