De plus en plus d'Égyptiens privés du droit de voyager-HRW

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LE CAIRE, 1er novembre (Reuters) - Les autorités égyptiennes multiplient les entorses à la loi pour dissuader des citoyens de se rendre à l'étranger, selon un rapport publié dimanche par l'ONG Human Rights Watch (HRW). Des personnalités de l'opposition, des jeunes militants et des membres d'ONG ont ainsi été priés par les autorités aéroportuaires de faire demi-tour et leurs passeports ont été parfois confisqués, dit le rapport. "Les autorités égyptiennes ont emprisonné des milliers de dissidents au cours des deux dernières années et ils transforment à présent leurs propres frontières en murs de prison", déclare Nadim Houry, directeur-adjoint de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Le ministère égyptien de l'Intérieur a refusé de commenter ce rapport. Après avoir renversé l'islamiste Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu de l'Egypte, en juillet 2013 alors qu'il était à la tête de l'armée, Abdel Fatah al Sissi a été officiellement élu à la présidence de la république en mai 2014 avec près de 100% des suffrages. Depuis, ses principaux opposants, les Frères musulmans mais aussi les jeunes révolutionnaires qui s'étaient soulevés contre Hosni Moubarak en 2011, ont été jetés en prison et il s'est assuré le soutien des grandes puissances occidentales. Selon HRW, les libertés conquises après le soulèvement de 2011 qui a mis fin au régime d'Hosni Moubarak s'effacent peu à peu. Le gouvernement conteste cette vision des choses et assure qu'il oeuvre pour protéger le pays de ceux qui menacent sa stabilité, qu'il s'agisse de la confrérie des Frères musulmans, dont le président Morsi faisait partie, ou de l'émanation locale de l'Etat islamique qui opère dans le nord de la péninsule du Sinaï. Les restrictions à la liberté d'aller et venir concernent de nombreuses catégories de citoyens, politiciens ou militants qui souhaitaient par exemple se rendre à l'étranger pour participer à des conférences. Bien souvent, aucune justification ne leur a été donnée lorsqu'on leur a refusé le droit de quitter le territoire. "L'opacité de la politique du gouvernement égyptien en matière de restriction sur les voyages est contraire à la constitution égyptienne et au droit international", dit HRW. (Nicolas Delame pour le service français)

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