De Paris à Alger, un vacher peut en cacher un autre

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Une scène du documentaire algérien, français, qatari et néerlandais d'Hassen Ferhani, "Dans ma tête un rond-point" (" Fi Rassi Rond-point"), sorti en salles mercredi 24 février 2016.
Une scène du documentaire algérien, français, qatari et néerlandais d'Hassen Ferhani, "Dans ma tête un rond-point" (" Fi Rassi Rond-point"), sorti en salles mercredi 24 février 2016.

Avec son documentaire sur un abattoir algérois, Hassen Ferhani offre un contrechamp subtil à la comédie « La Vache » et son million de spectateurs.

C’est l’histoire d’une vache qui rit et d’une vache qui crie. Toutes deux viennent d’Algérie, et broutent les pâturages français depuis un mois. La première vient de dépasser le million de spectateurs, au grand bonheur de son maître, le cinéaste Mohamed Hamidi : sobriquet sobre – elle s’appelle La Vache –, issue d’un élevage intensif – le film est coproduit et distribué par Pathé –, boostée par des engrais performants – les stars Jamel Debbouze et Lambert Wilson partagent la vedette avec un comique bourvilien jusqu’ici méconnu, Fatsah Bouyahmed –, elle marche droit, et fort.

Son message est aussi candide qu’une réclame Bel ou Milka : l’histoire d’un paysan algérien francophile, venu présenter sa vache Jacqueline au Salon de l’agriculture à Paris, et sympathisant en chemin avec d’aimables Gaulois. Elle amuse et émeut comme le font les vachettes « Intervilles », sans chichi, ni rififi.

La vache qui crie est moins docile. Son nom, Dans ma tête un rond-point, suggère virages, spirales, surplaces. A ce jour, elle a été vue par 3 000 valeureux spectateurs, attirés par les récompenses festivalières qui s’empilent autour de son cou et les dithyrambes que lui a distribués une presse unanime. Il en faudrait plus pour décourager le fermier qui l’a fait naître, Hassen Ferhani, âgé d’une trentaine d’années : « Après une projection à Nantes, une femme m’a dit : “Il y a des vaches dans chacun des films, mais je n’ai vu l’Algérie que dans le vôtre.” »

De bovidés, à dire vrai, il est p...

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