De nouvelles solutions pour envoyer de l'argent avec son mobile

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Axa et PayPal vont permettre de transférer de l'argent à ses enfants via un mobile. Le groupe BPCE aussi.

Une nouvelle bataille s'engage dans le monde des paiements, celle du «peer to peer», le paiement de personne à personne. Ce service permet d'envoyer via Internet ou un smartphone de l'argent à une autre personne, sans connaître son numéro de compte en banque ni de carte bancaire.

Axa, associé à PayPal, va offrir cette solution sur son compte bancaire nouvelle génération, Soon. La Banque populaire et la Caisse d'épargne le testent depuis plus d'un an, avec les autres services de S-money. Et les géants des paiements ne sont pas les seuls à l'affût. Lydia, une start-up, vient par exemple de lancer une application qui offre le même service. «Ce sont les débuts d'une nouvelle technologie. Les initiatives foisonnent, le marché en sélectionnera deux ou trois, qui deviendront des standards», prédit Cyril Chiche, cofondateur de Lydia.

Certains précurseurs n'ont pas rencontré le succès escompté

Mais les débuts sont laborieux. Kwixo, qui propose ce service depuis plusieurs années, n'a pas rencontré le succès escompté. Le Crédit mutuel Arkea, qui s'était mis sur les rangs avec l'offre Pay2You, a jeté l'éponge. Visa Europe a développé dans son laboratoire ce service, mais aucune banque en France ne s'est pour l'instant chargée de le distribuer. «Les utilisateurs sont parfois découragés, car, sur certains services, ils doivent d'abord s'inscrire, créer un compte, le créditer depuis leur compte chèques ou leur carte bancaire avant de pouvoir envoyer l'argent au destinataire», renchérit Cyril Chiche.

D'autres solutions fonctionnent plus simplement. On s'inscrit en donnant son numéro de compte ou de carte, on indique le numéro de mobile ou l'e-mail du destinataire et le montant à transférer. Il reçoit un message lui demandant de s'inscrire lui aussi au service, pour que la somme soit créditée sur son compte ou sa carte. «Les jeunes apprécient beaucoup l'instantanéité de ces transferts, le fait de pouvoir disposer immédiatement de l'argent, sans date de valeur, sans délai d'encaissement, contrairement au chèque ou au virement», remarque Nicolas Chatillon, directeur de la coordination au sein du pôle banque commerciale et assurance de BPCE.

Un service gratuit ?

Mais les utilisateurs ne sont pas prêts à payer pour ces services. Les investissements à consentir pour les déployer seront délicats à rentabiliser. Sauf à les proposer aux professionnels - artisans, médecins... -, qui refusent de régler les commissions des cartes bancaires, mais pourraient, à moindre prix, accepter les paiements de portable à portable. Cela impliquerait que les particuliers eux-mêmes adoptent massivement cette nouvelle technologie, ce qui peut être facilité par l'essor du portefeuille numérique.

«Notre objectif, c'est d'offrir aux clients un bouquet de services et de technologies, qui leur permette avec leur mobile de payer chez un commerçant comme à distance et de transférer de l'argent à leurs enfants, leurs amis. Le paiement de personne à personne, c'est un atout supplémentaire pour dynamiser la viralité», souligne Nicolas Chatillon. Plus les clients auront d'occasions de faire de leur portable un outil de paiement, plus vite les nouvelles technologies entreront dans les m½urs.

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