De nouvelles mesures pour aider le photovoltaïque français

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Le gouvernement veut davantage protéger le photovoltaïque français contre son homologue chinois.
Le gouvernement veut davantage protéger le photovoltaïque français contre son homologue chinois.
Le gouvernement veut « réarmer » la filière, actuellement moribonde.

On l'a évoqué à de nombreuses reprises dans ces colonnes : la filière photovoltaïque française est pour ainsi dire aux abois, encore assommée par le moratoire de trois mois sur les projets de plus de trois kilowatts crête (KWc) institué par l'ancienne majorité fin 2010 et d'une façon générale incapable de faire face à l'écrasante concurrence chinoise. Jugée déloyale par le groupement européen d'entreprises EU Pro Sun, qui a porté plainte à deux reprises en l'espace de trois mois, celle-ci a en fait des répercussions négatives sur tout le Vieux Continent, mais pourrait avoir vécu si d'aventure l'enquête diligentée par Bruxelles devait donner lieu à l'instauration de mesures protectionnistes.

En attendant, les pouvoirs publics français entendent prendre leurs responsabilités pour redresser le secteur, qui a accusé une perte de plusieurs milliers d'emplois en l'espace de quelques mois. Les PME en particulier ont, rappelons-le, payé un tribut dramatiquement élevé à la dégradation de la conjoncture. Conscient de la gravité de la situation, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a officialisé lors de la Conférence environnementale le lancement d'un appel d'offres d'ici la fin de l'année « pour favoriser de grandes installations [NDLR : c'est-à-dire les installations d'une capacité de production supérieure à deux cent cinquante kilowatts (KW) ] visant à promouvoir des technologies innovantes et le développement économique local », en insistant sur la nécessité de « privilégier les grands espaces de toit pour éviter la consommation d'espaces agricoles », suivant le souhait émis par les associations de protection de l'environnement.

La ministre de l'Écologie Delphine Batho a précisé la pensée gouvernementale hier, au terme de plusieurs réunions de travail « avec les principaux syndicats représentatifs de la filière », annonçant une série de nouvelles dispositions visant à relancer l'énergie solaire. Elle a notamment annoncé la poursuite de la série d'appel d'offres trimestriels lancée l'an passé pour les installations de taille moyenne [NDLR : celles dont la capacité de production oscille entre cent et deux cent cinquante KW].



Le grand retour du Made in France

Le cadre de développement concernant les petites installations [NDLR : celles dont la capacité de production est inférieure à cent KW] va quant à lui être révisé à travers la réévaluation à la hausse des volumes cibles. « Le tarif d'achat sera relevé pour la majorité des installations non résidentielles grâce à une bonification de 10 % accordée en fonction de l'origine des panneaux » et « la baisse annuelle des tarifs sera plafonnée à 20 % », a détaillé l'Hôtel de Roquelaure dans un communiqué.

Il s'agit en l'occurrence d'instaurer une forme de protectionnisme aux frontières pour freiner l'irrésistible et destructrice ascension des panneaux fabriqués en Chine, produits en masse, bons marché, mais qui sont loin de respecter l'ensemble des standards actuels du développement durable. « L'objectif est en particulier de sécuriser l'activité des entreprises qui créent de la valeur ajoutée en France, alors même que les décisions du précédent gouvernement avaient profondément déstabilisé la filière et abouti à la destruction de dix mille emplois », a ajouté le ministère.

Soulignons également que la Commission de régulation de l'énergie (CRE) et le Conseil supérieur de l'énergie (CSE) seront saisis dans le courant de la semaine « d'un projet d'arrêté portant le tarif de rachat à 18,42 centimes d'euros par kilowattheure (KWh) (« pour les installations photovoltaïques inférieures ou égales à cent KWc qui remplissent les conditions de l'intégration simplifiée au bâti », précisent nos confrères du site Internet Actu-environnement.com), auquel pourra s'ajouter la bonification de 10 % en fonction de l'origine des panneaux ».

Le made in France revient à la mode. Il était temps.
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