De nouveaux renforts policiers pour Marseille

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par François Revilla

MARSEILLE (Reuters) - De nouveaux renforts policiers avant la fin de l'année et une visite du Premier ministre en octobre ont été annoncés samedi à Marseille après une réunion pour un "pacte de sécurité" pour la deuxième ville de France.

Les élus locaux de tous bords se sont réunis avec le préfet des Bouches-du-Rhône et le préfet de police de Marseille après une série de faits divers sanglants.

Deux nouveaux meurtres jeudi, dont celui d'Adrien Anigo, fils du directeur sportif de l'Olympique de Marseille, portent à 15 le nombre de personnes tuées dans des règlements de comptes depuis le début de l'année et relancent le débat sur la criminalité qui gangrène la ville.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a réclamé jeudi un "pacte national" pour lutter contre les trafics de drogue à l'origine de nombreux homicides dans la cité phocéenne.

La réunion de samedi à la préfecture de Marseille avait pour but d'esquisser un consensus politique après une polémique, la droite accusant le gouvernement de gauche de laxisme en matière pénale.

"Manuel Valls m'a confirmé que dans la lignée de ce qu'avait annoncé hier (vendredi) François Hollande, des renforts de police seront envoyés à Marseille d'ici la fin de l'année", a déclaré à la presse Michel Cadot, le préfet des Bouches-du-Rhône, à l'issue de la réunion.

"Le Premier ministre a confirmé qu'il viendrait en octobre à Marseille pour faire le point avec les élus sur les avancées", a ajouté le préfet.

Jean-Marc Ayrault s'était déjà rendu à Marseille en août.

RENFORTS "SIGNIFICATIFS"

Le préfet de police de Marseille, Jean-Paul Bonnetain, a parlé de renforts de police "significatifs", sans donner de chiffres.

La plupart des élus locaux, y compris Jean-Noël Guérini, le président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône plusieurs fois mis en examen pour détournement présumé de fonds publics, ont participé à cette réunion.

Tous ont affiché leur volonté de ne pas exploiter le thème de la sécurité dans la campagne pour les élections municipales du printemps 2014 à Marseille.

"Nous menons une guerre contre la drogue, c'est la drogue qui gangrène nos cités", a déclaré Jean-Claude Gaudin, le maire UMP de Marseille, qui a annoncé que la ville allait recruter 100 policiers municipaux supplémentaires.

"Nous sommes tous ensemble et hors des contextes politiques. Les élections arriveront plus tard. Pour l'instant, faisons face à la situation", a ajouté Jean-Claude Gaudin qui avait polémiqué avec Manuel Valls sur le rôle de l'Etat dans la sécurité publique à Marseille.

Un point de vue partagé par Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée aux personnes handicapées qui participera à la primaire pour désigner le candidat socialiste aux municipales.

"Il y a un domaine où le consensus peut avoir lieu, c'est celui de la sécurité", a-t-elle dit. "On ne va pas parler que de ça pendant la campagne municipale, il y a des différences sur le reste".

Edité par Patrick Vignal

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