De nouveaux rachats pour L'Oréal après un cru 2012 jugé solide

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L'ORÉAL POURSUIT SON PROGRAMME DE RACHATS D?ACTION APRÈS DES RÉSULTATS 2012 EN HAUSSE
L'ORÉAL POURSUIT SON PROGRAMME DE RACHATS D?ACTION APRÈS DES RÉSULTATS 2012 EN HAUSSE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'Oréal a publié lundi des résultats en nette hausse, marqués par une amélioration de la rentabilité mais aussi par un ralentissement de la cadence dans sa division de produits de luxe.

Les ventes du numéro un mondial des cosmétiques ont progressé de 10,4% pour atteindre 22,46 milliards d'euros, dépassant légèrement le consensus Thomson Reuters de 22,3 milliards, et signant une hausse de 5,5% à données comparables.

La dynamique a été portée par la bonne tenue du marché nord-américain (+7,2%), l'Asie-Pacifique (+9,6%) et l'Amérique latine (+10,4%), qui a permis de compenser l'atonie d'une Europe de l'Ouest en crise (+0,6%).

Sur le seul quatrième trimestre, sa croissance organique est ressortie à 5,3%, en légère amélioration par rapport à un troisième trimestre qui avait déçu (+4,6%).

Cette progression a été largement tirée par les produits grand public (L'Oréal Paris, Garnier, Maybelline), première division du groupe, dont la croissance s'est accélérée à 5,8% au quatrième trimestre, après 4,9% sur neuf mois.

A l'inverse, le ralentissement s'est poursuivi dans les produits de luxe (Lancôme, Armani, Kiehl's, YSL Beauté), avec une croissance organique limitée à 6,2% au quatrième trimestre après 9,1% sur neuf mois. Au total, la division signe une croissance organique de 8,3% sur l'année, comparable à celle des parfums et cosmétiques de LVMH (Dior, Givenchy, Guerlain) (+8%).

Le résultat d'exploitation, de 3,69 milliards d'euros (consensus de 3,66 milliards), affiche une progression de 12,3%, tandis que la marge s'améliore de 30 points de base à 16,5%.

BAISSE DES DÉPENSES PUBLICITAIRES

La marge brute accuse un repli de 50 points de base, que le groupe explique par des effets de change, l'impact du rachat de Clarisonic et par l'augmentation des promotions, mais cette baisse, L'Oréal l'a compensée en taillant dans ses coûts administratifs et commerciaux (-10 points de base) et dans ses dépenses publicitaires qui reculent de 70 points à 30,2% des ventes.

"Les résultats sont solides dans l'ensemble", commentent les analystes de Sanford Bernstein, qui jugent cependant "inquiétante" la contre-performance du luxe.

Un autre analyste, qui a souhaité garder l'anonymat, évoque lui aussi d'"assez bons résultats, avec une bonne remontée de la marge au deuxième semestre".

Le groupe ne donne pas d'indication pour 2013, se contentant, dans un communiqué, de tabler sur une "nouvelle année de croissance du chiffre d'affaires et de ses résultats".

Il commentera ses résultats devant les analystes et la presse mardi matin et sera très attendu sur ses anticipations, notamment en Europe occidentale où la consommation reste difficile.

Fort d'une trésorerie pléthorique, L'Oréal a également annoncé lundi -comme en août 2012- un nouveau programme de rachat d'actions totalisant 500 millions d'euros.

L'Oréal déborde de cash et n'a procédé ces dernières années qu'à de petites acquisitions ciblées, comme les savons Cadum, les brosses Clarisonic ou le maquillage Urban Decay.

Après paiement du dividende, il disposait, au 31 décembre 2012, d'un excédent de trésorerie net atteignant 1,57 milliard d'euros, contre 504 millions un an plus tôt.

DIVIDENDE EN HAUSSE

Le résultat net (hors exceptionnels) a totalisé 2,87 milliards d'euros, en hausse de 17,6% (soit exactement le consensus de 2,87 milliards) et le dividende proposé sera de 2,30 euros par action, en augmentation de 15%.

A la Bourse de Paris, avant l'annonce des résultats annuels, le titre L'Oréal a clôturé à 107,85 euros lundi, signant une hausse de 3% depuis le début de l'année.

Il avait grimpé de 30% en 2012, surperformant l'indice européen diversifié des valeurs de consommation qui avait pris 21% sur la période.

Il se traite sur des multiples de valorisation d'environ 21 fois les bénéfices estimés pour 2014, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, un niveau inférieur à celui de son concurrent allemand Beiersdorf (27) mais en ligne avec celui de l'américain Estée Lauder.

Edité par Matthieu Protard

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