De nombreux modérés écartés des élections à venir en Iran

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    par Sam Wilkin 
    DUBAI, 26 janvier (Reuters) - L'invalidation de 80% des 
candidatures à l'Assemblée des experts, le collège chargé 
d'élire le Guide suprême de la révolution islamique en Iran, est 
un coup porté au camp des réformateurs et au président Hassan 
Rohani. 
    Sur les 801 candidats qui espéraient se présenter aux 
suffrages des Iraniens, 166 seulement ont été approuvés par le 
Conseil des gardiens, entité religieuse formée de douze membres 
qui supervise les élections et la législation. 
    L'annonce du porte-parole de la commission des élections, 
relayée mardi par l'agence de presse officielle Irna, est un 
revers pour Rohani. D'autant qu'elle intervient une semaine 
après la disqualification similaire de 7.000 des 12.000 
candidats aux élections législatives, dont la quasi-totalité des 
réformateurs et de nombreux modérés. 
    Sur la scène internationale, Hassan Rohani, actuellement en 
visite en Europe, tente d'engranger les premiers dividendes de 
l'accord historique conclu avec les puissances du P5+1 sur le 
programme nucléaire iranien. 
    Mais à Téhéran, les conservateurs, hostiles à sa politique 
d'ouverture diplomatique, sont à la manoeuvre pour exclure ses 
alliés des rendez-vous électoraux du mois prochain et conserver 
le contrôle qu'ils exercent tant au Parlement qu'à l'Assemblée 
des experts. 
    Les élections des 88 membres de l'Assemblée des experts et 
des 290 députés du Parlement auront lieu le même jour, le 26 
février. 
     
    LE PETIT-FILS DE L'AYATOLLAH KHOMEINI RECALÉ 
    Parmi les candidats recalés mardi figure Hassan Khomeini, 43 
ans, petit-fils de l'ayatollah Ruhollah Khomeini, premier Guide 
suprême de la révolution et fondateur de la République islamique 
de 1979 à sa mort, en 1989. Premier membre de la famille à 
briguer un poste électif, il est considéré comme une figure 
politique modérée, appréciée des réformateurs. 
    D'après son fils, Hassan Khomeini a été disqualifié pour 
insuffisance de références religieuses en dépit de témoignages 
de dizaines de personnalités religieuses de haut rang. 
    Le petit-fils de Khomeini avait formé une alliance 
informelle avec Rohani et l'ayatollah Ali Akbar Hachémi 
Rafsandjani, ancien président et figure du camp des modérés.  
    La semaine dernière, Hassan Rohani, élu au premier tour en 
2013, avait critiqué la disqualification de candidats aux 
législatives, indiquant qu'"(il) user(ait) de tous ses pouvoirs 
pour protéger les droits des candidats"; il pourrait de nouveau 
s'élever contre les exclusions massives prononcées par le 
Conseil des gardiens en vue des élections à l'Assemblée des 
experts. 
    Mais le président du Conseil des gardiens, Ahmad Jannati, a 
déclaré que l'entité qu'il dirige ne serait "touchée par aucune 
pression". Il peut aussi se prévaloir du soutien de l'actuel 
Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Le successeur de 
Khomeini s'est prononcé pour une vérification stricte des 
candidatures.  
    "Seuls ceux qui croient à la République islamique et à ses 
valeurs doivent être autorisés à siéger au Parlement", a-t-il 
déclaré mercredi dernier, des propos analysés comme un souhait 
de ne voir retenus que les candidats conservateurs. 
    Ancien conseiller politique à l'ambassade de Grande-Bretagne 
à Téhéran, Hossein Rassam voit dans ces disqualifications "un 
message adressé à Rohani et à bien d'autres, le message qu'il 
existe des lignes rouge foncé au coeur de l'élite". 
 
 (avec Bozorgmehr Sharafedin; Henri-Pierre André pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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