De nombreux migrants continuent d'entrer en Croatie

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par Maja Zuvela et Igor Ilic SID, Serbie/ZAGREB, 18 septembre (Reuters) - De nombreux migrants venus de Serbie continuaient d'entrer en Croatie vendredi matin malgré la fermeture par les autorités croates de sept points de passage frontaliers après l'afflux de 11.000 réfugiés en deux jours, a constaté Reuters. Arrivés par autocar de la ville frontalière serbe de Sid, les migrants marchent à travers des champs pour franchir la frontière, rejoignant des dizaines d'autres pris en charge par la police croate. Incapable d'enrayer le flot de migrants, la police s'efforce de les rassembler autour de la gare ferroviaire de Tovarnik, où plusieurs milliers d'entre eux ont dormi sous les étoiles. Après un périple aussi fatigant que dangereux, ces réfugiés veulent atteindre le plus rapidement possible les pays d'Europe de l'Ouest ou du Nord où ils espèrent trouver la sécurité et un minimum de confort. "Nous sommes tellement épuisés", confie Hikmat, une Syrienne de 32 ans arrivée à pied à travers champs à Tovarnik, deux mois après avoir fui Damas avec son fils. "Regardez-moi. Je veux juste aller quelque part où nous serons en sécurité." Jeudi, des familles ont été séparées lorsque femmes et enfants ont été embarqués de force dans des autocars à destination de centres d'accueil près de la capitale croate, Zagreb. "Seuls les femmes et les enfants sont autorisés à monter dans les bus", témoigne un Irakien qui dit s'appeler Riad et venir de Bagdad. "Ma femme et mon fils ont été emmenés et la police ne me laisse pas les rejoindre. Mon téléphone ne marche pas." La Croatie est la voie de passage privilégiée des réfugiés qui veulent se rendre en Allemagne depuis que la Hongrie a fermé sa frontière avec la Serbie mardi. Vendredi matin, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a annoncé qu'une clôture de fils barbelés similaire à celle qui a été érigée le long de la frontière serbe serait installée en urgence, d'ici la fin de la journée, sur les 41 km de frontière avec la Croatie qui ne sont pas délimités par la Drave, un affluent du Danube. ID:nL5N11O0GP Plusieurs centaines de migrants étaient rassemblés vendredi matin à Beli Manastir, une ville croate proche de la frontière hongroise, a constaté un journaliste de Reuters. MISE EN GARDE SERBE Les migrants qui parviennent à passer de Serbie en Croatie peuvent de là se rendre soit en Hongrie, soit dans un autre pays de l'espace Schengen, la Slovénie, plus à l'ouest, d'où ils leur est ensuite facile de gagner l'Autriche ou l'Italie. Certains de ceux qui sont arrivés à Tovarnik ont réussi à poursuivre leur route et à atteindre dans la nuit de jeudi à vendredi la frontière avec la Slovénie, où environ 150 d'entre eux se sont rassemblés dans la gare ferroviaire de Dobova, du côté slovène. La police slovène a d'abord annoncé qu'ils seraient renvoyés en Croatie, avant de finalement décider de les acheminer vers un centre d'accueil dans la ville de Postojna, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, Ljubljana. Le trafic a été suspendu sine die sur la principale ligne de chemins de fer entre les deux républiques ex-yougoslaves et les autorités slovènes ont dit avoir refoulé une centaine d'autres migrants qui tentaient d'entrer sur leur territoire. Le Premier ministre croate, Ranko Ostojic, a de son côté prévenu jeudi qu'il lui faudrait boucler la frontière avec la Serbie si les réfugiés continuent d'arriver au même rythme, les capacités d'accueil du pays étant déjà saturées. Un seul poste frontalier restait ouvert vendredi matin entre les deux pays, celui de Bajakovo, situé sur l'autoroute reliant Belgrade à Zagreb. La Serbie a mis en garde ses voisins contre les conséquences de la fermeture des frontières. "Nous voulons prévenir la Croatie et les autres pays qu'il est inacceptable de fermer les routes internationales et que nous défendrons nos intérêts, économiques et autres, devant les tribunaux internationaux", a dit le ministre serbe en charge des questions migratoires, Aleksandar Vulic, à l'agence de presse officielle Tanjug. Pour faire face à cette crise d'une ampleur sans précédent en Europe depuis la guerre en ex-Yougoslavie dans les années 1990, l'Union européenne a annoncé la tenue mercredi d'un nouveau sommet extraordinaire consacré à la question des réfugiés. (Avec Marja Novak à Ljubljana et Kriztina Than à Budapest; Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le service français)

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