De moins en moins de crédits immobiliers

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Le marché immobilier est en train de se gripper et la production de crédits qui chute en est le signe.

Le marché immobilier est en train de se gripper et la production de crédits qui chute en est le signe. Celle-ci avait augmenté de 19,1 %, sur un an, au premier semestre ; elle a décroché de 13,7 % au troisième trimestre, selon l'étude de l'observatoire Crédit Logement/CSA. Le montant des crédits immobiliers accordés par les banques devrait s'élever à 155 milliards d'euros cette année. Il recule de 8 % par rapport à 2010 (168,8 milliards), année proche du record absolu de 2007 (170,2 milliards).

«Le marché a commencé à se gripper pendant l'été. Et comme à l'automne 2008, il se bloque depuis octobre pour les logements anciens», constate Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université Paris-Ouest. Traditionnellement, les ventes de logements ralentissent pendant la trêve estivale et reprennent à l'automne, en octobre. Mais cette année, les reventes de logements deviennent plus difficiles.

Les raisons de ce véritable retournement de tendance sont nombreuses. À commencer par l'inquiétude des ménages, dont le moral est au plus bas. Sensibles au ralentissement économique mondial et à la crise des dettes souveraines, ils sont devenus hésitants. Le durcissement de la fiscalité de l'immobilier (taxation des plus-values après 30 ans de détention, contre 15 ans auparavant) et les incertitudes liées à l'avenir du dispositif Scellier et du PTZ + ont renforcé le sentiment de peur du lendemain. «Le paysage est devenu anxiogène», estime ­Michel Mouillart, auteur de l'étude.

Dans le même temps, les banques sont, elles, devenues moins prêteuses. Les autorités monétaires, soucieuses de voir les établissements financiers augmenter leurs fonds propres, leur ont clairement demandé d'avoir une «gestion rigoureuse des risques de crédit» et «d'éviter un allongement excessif de la durée des crédits». Ces derniers mois, la durée moyenne des prêts a donc été raccourcie, passant de 215 mois en août à 211 mois en octobre !

2012, année difficile pour les acquéreurs

Les taux des crédits immobiliers sont en revanche stables depuis juin (3,86 % en moyenne en octobre, contre 3,89 % en septembre). Mais, «ils vont monter et pourraient atteindre 4 % et plus en moyenne d'ici à la fin de l'année», prédit Michel Mouillart. D'autant que le taux de l'emprunt d'État français (OAT à 10 ans), sur lequel les prêts à taux fixes sont indexés, grimpe depuis quelques jours (3,42 % jeudi après-midi).

L'année 2012 s'annonce bien plus difficile encore pour les acquéreurs. Selon l'observatoire, la baisse du volume de crédits accordés devrait s'accélérer avec, au mieux, une chute de 16 % par rapport à 2010 pour tomber aux alentours de 130 milliards, pas loin de 2009 (120 milliards). «Avec la suppression du PTZ + (prêt à taux zéro +) pour l'achat de logements anciens, décidé dans le nouveau plan de rigueur, la crise sera de plus grande ampleur qu'en 2008 et aura un impact négatif considérable sur les crédits immobiliers» , affirme Michel Mouillart. Ce qui pourrait faire reculer les prix des logements. Les ménages les plus jeunes et les plus modestes seront les plus touchés par cette nouvelle crise immobilière. Aujourd'hui, les emprunteurs sont de plus en plus des ménages aisés, qui empruntent pour des périodes moins longues et qui bénéficient d'un apport personnel important.

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  • TAOCOLT7 le lundi 14 nov 2011 à 20:07

    Un T3/4 de 80m² liberation/5 avenues 148000€ bon etat immeuble ancien vendu il y a 2 jours a peine

  • TAOCOLT7 le lundi 14 nov 2011 à 20:05

    Les prix sur marseille centre ont baisser de 10% au moins depuis l'annee derniere

  • scaggio le samedi 12 nov 2011 à 09:53

    Les prix de l'immobilier ne baisseront pas, au contraire. Démographie en constante évolution (par natalité et nouvelle immigration). Beaucoup d'anciennes habitations trop vétustes pour être rénovées, faut crouler et reconstruire. Les séries de crise force la BCE a baissé les taux au plus bas, crédit immo vraiment pas cher pour le moment. Les promoteurs ont trouvés un nouvel argument pour gonfler leurs marges de vente, le BBC. Ca leur coûte 10% de plus en charge, et 40% de marge en vente.

  • titi18 le samedi 12 nov 2011 à 00:22

    Ze.plouc le BBC n'est pas rentable à ce jour car effectivement l'Acheteur n'en a pas conscience mais jusqu'à quand.En revanche investir pour Soi même en BBC c'est bien mais pas suffisant il faut se préparer à la prochaine norme RT2020. J'ai une maison au norme BBC améliorer de 35%, c'est un vrai confort aussi bien l'été que l'hiver. Par le jeu du crédit d'impôt auquel j'ai eu droit près de 30 000 € sur 7ans et l'économie énergétique d'environ 1200€/an le retour sur l'investissement est de 9ans

  • ze.plouc le vendredi 11 nov 2011 à 18:21

    titi18, pour l'instant le bbc est un invstissement jamais rentale pour se loger. Mais les prix des pretendus "beaux biens" font reference et titrent l'ensemble a la hausse.La logique du vendeur est de regarder le prix au metre carré du quartier et de s'aligner dessus, meme s'il propose une daube aux champignons.

  • goldf le vendredi 11 nov 2011 à 18:16

    le prix de l' immobilier va s' effondrer pour les apparements qui ne sont pas aux normes d' isolation et/ou ceux qui ont un mauvais niveau de performance énergétique. La facture ne fessnt qu' augmenter . Beaucoup de constructions neuves sont équipées uniquement en électrique, une aberration avec le nucléaire qui risque de perdre du terrain dans les prochaines années, le nucléraire nous donnait une énergie pas chère.

  • titi18 le vendredi 11 nov 2011 à 14:57

    Ceux qu'ils veulent acheter, juste un petit conseil : ne pas négliger de vérifier le niveau de performance énergétique de l'appartement ou d'une maison. Il est important de prendre ces critères dès l'achat et que cela serve de négociations dans la baisse de prix. Je suis convaincu avec l’augmentation croissante de l'énergie cela deviendra un vrai critère d'achat. Sachez que la mise à niveau par atteindre un niveau A coûte cher, c'est un vrai investissement sur le moyen terme.

  • titi18 le vendredi 11 nov 2011 à 14:47

    Je ne pense pas que les prix baisseront bien au contraire si les projets de constructions se réduisent car moins intéressants pour l'investisseur fiscalement pour raison de suppression des crédits d'impôts et autres avantages. Les prix ne pourront qu'augmenter sauf si la population baisse.

  • titi18 le vendredi 11 nov 2011 à 14:44

    Ceux qui pensent que acheter dans l'ancien reste trop cher, qu'il essaie de construire dans le neuf et faire appel à des artisans et bien entendu se réserver des travaux à faire par soi-même nous verrons combien d'entre vous iront jusqu'à la fin du projet. Suis certain que beaucoup d'entre vous baisseront les bras bien avant la fin du projet. Le problème qu'en France on veut tout avoir rapidement avec le moins de peine possible, ce n'est pas compatible.

  • titus82 le vendredi 11 nov 2011 à 11:37

    Le prix de l'immobiler s'est déconnecté de la réalité l'aterrissage sera douloureux pour ceux qui ont achété des biens surévalués