De la fumée dans l'avion d'EgyptAir, le mystère demeure

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    * Toujours aucune hypothèse privilégiée 
    * Un satellite européen a repéré une nappe de carburant 
    * Recherches à 290 km environ au nord d'Alexandrie 
    * Pas de revendication, 48 heures après le crash 
 
 (Actualisé avec BEA et Jean-Marc Ayrault) 
    par Ahmed Aboulenein 
    LE CAIRE/ATHENES, 21 mai (Reuters) - L'avion d'EgyptAir qui 
a disparu jeudi en Méditerranée a émis des messages automatiques 
signalant la présence de fumées suspectes à bord, a confirmé 
samedi le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français, mais 
les causes de l'accident demeurent mystérieuses. 
    Les recherches se poursuivent au nord de l'Egypte pour 
tenter de retrouver de nouveaux morceaux de l'appareil et les 
enregistreurs de vol, autant d'éléments-clefs dans l'enquête sur 
la disparition de cet Airbus A320 qui transportait 66 personnes. 
    
    La marine égyptienne a découvert de premiers débris et des 
restes humains dans la zone de Méditerranée orientale où on a 
perdu la trace du vol MS804, effectuant la liaison entre Paris 
et Le Caire, mais ces éléments ne permettent pas pour l'heure de 
privilégier un scénario - défaillance technique ou attentat.  
    "A cet instant, toutes les hypothèses sont examinées et 
aucune n'est privilégiée", a déclaré samedi le ministre français 
des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, après avoir reçu les 
familles de passagers au Quai d'Orsay. 
    "J'ai beaucoup insisté sur la volonté des autorités 
françaises de dire toute la vérité sur ce qu'il s'est passé. 
C'est une demande légitime et essentielle de toutes les 
familles", a-t-il également dit. 
    Vendredi, le président égyptien, Abdel Fattah al Sissi, a 
présenté ses condoléances aux familles des victimes, manière de 
reconnaître le décès des occupants de l'appareil. 
    Les messages signalant la présence de fumée à l'avant de la 
cabine "ne permettent de tirer aucune conclusion", a insisté en 
France un porte-parole du BEA, interrogé par Reuters. 
    Ces données proviennent du système embarqué de 
communications, d'adressage et de compte rendu (ACARS) qui 
adresse régulièrement des données de vol de l'appareil à sa 
compagnie exploitante. 
     
    RECHERCHES DANS UN RAYON DE 65 KM 
    Pour le moment, "la priorité de l'enquête est de trouver 
l'avion et/ou les enregistreurs  de vol", a ajouté le 
porte-parole du BEA.     
    Les premiers débris ont été découverts à 290 km au nord de 
la ville côtière d'Alexandrie. La marine égyptienne mène des 
recherches dans un rayon de 65 kilomètres afin de retrouver les 
boîtes noires. 
    "La marine égyptienne a pu récupérer de nouveaux débris de 
l'avion, certains effets appartenant à des passagers ainsi que 
des restes humains et des fauteuils d'avion", a précisé en 
Egypte le ministère de l'Aviation civile dans un communiqué. 
    Si certains responsables ont évoqué la piste du terrorisme 
djihadiste, sept mois après l'attentat à la bombe qui a coûté la 
vie aux 224 passagers et membres d'équipage d'un avion russe de 
la compagnie Metrojet qui venait de décoller d'Egypte, aucune 
revendication n'a été formulée près de 48 heures après la 
disparition du vol MS804 d'EgyptAir. 
    Un satellite européen a localisé une nappe de carburant de 
deux kilomètres de long en Méditerranée, à une quarantaine de 
kilomètres de la dernière position connue de l'appareil, a 
annoncé vendredi l'ESA (Agence spatiale européenne). 
    Selon des responsables américains, l'examen des diverses 
images satellites n'a pas fourni pour le moment d'élément 
permettant de parler d'une explosion de l'A320 d'EgyptAir, à 
bord duquel se trouvaient 56 passagers, sept membres d'équipage 
et trois agents de sécurité.  
    Parmi les passagers - dont deux bébés et un enfant - 
figuraient 30 Égyptiens, 15 Français, et des ressortissants de 
dix autres pays.  
         
    PERTURBATION, VIRAGES INEXPLIQUÉS 
    Trois inspecteurs français du BEA et un expert d'Airbus sont 
arrivés en début de journée vendredi au Caire pour coopérer avec 
les enquêteurs égyptiens, a-t-on appris de sources 
aéroportuaires. 
    Paris a affecté aux recherches un Falcon 50 de 
reconnaissance jusqu'alors assigné à la mission européenne de 
lutte contre le trafic illicite de migrants en Méditerranée. La 
marine française a également envoyé un avion plus grand, un 
Atlantique 2, et un navire de patrouille. 
    Deux responsables américains ont déclaré à Reuters qu'un 
capteur électronique avait décelé un certain type de 
perturbation en-dehors de l'appareil, au moment où, d'après les 
enquêteurs, il a commencé à perdre de l'altitude. 
    Cette perturbation pourrait avoir été provoquée par une 
dislocation soudaine et rapide de l'avion, mais pourrait avoir 
aussi été engendré par une défaillance mécanique ou par un 
accident, voire par une explosion ou une attaque, ont ajouté ces 
deux responsables, sous le sceau de l'anonymat. 
    Le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a expliqué 
jeudi que l'appareil avait viré de 90° vers la gauche, puis 
effectué une rotation complète et plongé, passant alors de 
37.000 pieds d'altitude à 15.000 (de 11.470 à 4.650 mètres), 
avant de disparaître des écrans radar grecs, sans que rien ne 
puisse expliquer dans l'immédiat ces changements de cap. 
    Les contrôleurs aériens grecs ont parlé au pilote alors que 
l'appareil survolait l'île de Kea, et aucun problème n'a alors 
été signalé. Ensuite, alors que le relais devait être passé peu 
après aux contrôleurs aériens égyptiens, les derniers appels des 
Grecs sont restés sans réponse.  
 
 (avec Lincoln Feast, Peter Graff et Kevin Liffey, avec Tim 
Hepher et Simon Carraud à Paris, Marc Angrand, Jean-Philippe 
Lefief et Eric Faye pour le service français) 
 

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