De la Chine à la zone euro, l'économie mondiale repart

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CROISSANCE SOUTENUE DANS LE SECTEUR PRIVÉ DE LA ZONE EURO EN AOÛT
CROISSANCE SOUTENUE DANS LE SECTEUR PRIVÉ DE LA ZONE EURO EN AOÛT

par Jonathan Cable

LONDRES (Reuters) - Les indices manufacturiers parus jeudi attestent d'une économie mondiale dont l'état de santé semble se stabiliser.

La croissance en zone euro a été meilleure que prévu, tandis que le secteur manufacturier chinois se redresse, tandis que le rythme de croissance industrielle des Etats-Unis s'est accéléré ce mois-ci, élément susceptible de pousser la Réserve fédérale à réduire ses rachats d'actifs dès septembre.

Cette perspective n'enchante pas des marchés qui se sont largement appuyés cette année sur le programme d'assouplissement quantitatif de la Fed mais au moins, si elle se concrétisait, elle signifierait en premier lieu que la première économie mondiale s'est engagée résolument sur la voie de la reprise.

"Réduire montrerait que la Fed juge l'économie américaine en passe de récupérer son dynamisme; cela indiquerait que la reprise s'est étoffée", note Philip Shaw, économiste d'Investec. "Il y a des signes d'un nouvel élan, quoique encore modéré, dans le rythme de reprise de la zone euro et en Chine aussi".

L'économie mondiale est en mal de punch, plombée par des problèmes de dette qui ont semé le chaos dans la zone euro, alors que la Chine doit composer avec une demande moins tentée par ses produits, que ce soit en interne ou internationalement.

Toutefois, l'indice Markit des directeurs d'achats (PMI) a montré jeudi, en première estimation, une accélération de l'activité économique dans l'ensemble de la zone euro ce mois-ci. L'indice est ressorti à 51,7 contre 50,5 en juillet, au plus haut depuis juin 2011. Il a battu toutes les prévisions d'une enquête Reuters qui donnait une médiane à 50,9.

L'indice PMI composite de l'Allemagne a révélé un taux de croissance sans équivalent depuis sept mois. En France toutefois, l'activité a fléchi partout.

Pour la Chine, l'indice PMI manufacturier a inscrit un plus haut de quatre mois de 50,1 contre 47,7 en juillet.

Le niveau de 50 constitue la ligne de démarcation de ces indices entre croissance et contraction économiques.

Pékin a annoncé une série de mesures de soutien à l'économie, en particulier un allègement de la fiscalité des PME, une aide plus franche aux exportateurs en difficulté et une croissance des investissements dans le réseau ferroviaire et les infrastructures urbaines.

"Tout cela confirme que l'économie s'est stabilisée sur le court terme et que les risques baissiers (pour le second semestre) se sont atténués", dit Zhiwei Zhang, économiste de Nomura à Hong Kong.

LA FRANCE INQUIÈTE UN PEU

Les données de croissance publiées la semaine passée ont montré que l'Allemagne et la France ont aidé la zone euro à sortir d'une récession sans précédent au deuxième trimestre, avec une croissance meilleure que prévu mais encore modeste de 0,3%.

Selon Markit, l'indice composite paru jeudi, qui regroupe les secteurs secondaires et tertiaires de la zone euro, laisse présager une croissance de 0,2% à 0,3% durant le trimestre en cours, similaire à ce que donnait une enquête Reuters publiée durant le mois et qui donnait 0,2%.

"Ca parait bien. Si la zone euro se redresse alors c'est de bon augure pour l'économie mondiale. Le creux en France est un peu inquiétant mais on peut espérer que ça s'arrangera", dit Chris Williamson, économiste de Markit.

Les PMI manufacturier et des services français ont été plus faibles que prévu et sont restés inférieurs à 50.

D'autres éléments viennent tempérer l'optimisme.

Les anticipations des sociétés de services de la zone euro ont fléchi par rapport à leur pic de 16 mois de juillet et les industriels ont réduit leurs effectifs à un rythme plus soutenu que le mois dernier.

Les usines chinoises ont également comprimé leurs effectifs ce mois-ci, pour cause de ralentissement de la croissance de la deuxième économie mondiale.

Pour autant, le schéma global tiré des statistiques de jeudi est celui d'une économie mondiale qui s'extirpe du marasme.

Wilfrid Exbrayat et Constance De Cambiaire pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • ANOSRA le jeudi 22 aout 2013 à 17:38

    L'économie repart partout, sauf en France! Merci au Président normal, à son premier menteur et ses ministres incompétents, comme S.Pinel qui va jusqu'à décourager l'esprit d'entreprise!!!