De la Bastille à Tulle, la fête "c'est maintenant!"

le
1
De la Bastille à Tulle, la fête "c'est maintenant!"
De la Bastille à Tulle, la fête "c'est maintenant!"

par Julien Ponthus et Marion Douet

PARIS (Reuters) - La gauche a célébré dimanche soir de Tulle à la place de Bastille à Paris son retour au pouvoir après 17 ans d'absence, une fête populaire qui se voulait l'antithèse du triomphe de Nicolas Sarkozy au Fouquet's et à la Concorde cinq ans plus tôt.

François Hollande a esquissé devant ses militants réunis devant la cathédrale de son fief corrézien un petit pas de danse avec sa compagne Valérie Trieweiler au son de l'accordéon et de "La vie en rose" après son premier discours de président élu.

Acclamé tant à Tulle que rue de Solférino, au siège du Parti socialiste, où son discours était retransmis sur un écran géant, celui qui devient le deuxième président de gauche de la Ve République a donné le ton.

L'explosion de joie et la fête qui a débuté à Solférino, jonché de drapeaux et de confettis, a été délocalisée à la Bastille sitôt le discours de François Hollande à Tulle terminé.

"Maintenant à la Bastille" enjoignaient aux militants les écrans géants où ces derniers avaient acclamé leur champion.

Sur la place, de l'autre côté de la Seine, une foule de sympathisants s'était réunis pour une fête rythmée par les chansons de Yannick Noah, une célébration qui se voulait historique, comme celle qui avait suivi l'élection en 1981 de François Mitterrand, cité en référence tout au long de la campagne.

François Hollande s'est finalement frayé un chemin parmi une foule compacte pour monter sur l'estrade, vers minuit trente.

"Vous êtes une foule immense", leur a-t-il lancé. "Je ne sais pas si vous m'entendez mais moi, je vous ai entendus. J'ai entendu votre volonté de changement."

Comme à Tulle, il s'est présenté comme le président du rassemblement, de la justice et de la jeunesse. Il est ensuite resté longtemps sur la scène, bientôt rejoint pas sa compagne, Valérie Trierweiler, pour un baiser très applaudi, point d'orgue approprié pour une soirée qu'il n'oubliera jamais.

Puis il s'est fait plus grave, confiant sur France 2 son "appréhension de prendre des responsabilités immenses à un moment difficile pour la France et pour l'Europe".

"Voilà pourquoi je suis à la fois pleinement heureux et, en même temps, soucieux", a-t-il dit.

COMME UN BUT DE ZIDANE

Valérie Trierweiler, discrète tout au long de la soirée, a expliqué que les plus beaux moments de sa vie à elle avaient trait à des événements plus privés.

"Mais c'est le plus beau jour de la vie de beaucoup de Français, sûrement", a-t-elle ajouté.

La place symbolique pour la gauche française avait pris des allures de kermesse géante et le socle de la colonne de la Bastille avait été pris d'assaut par des jeunes militants.

Dans la rue, de nombreux militants savourent.

"Ça fait 17 ans quand même! C'est comme un but de (Zinédine) Zidane à la Coupe du monde, c'est un grand moment à vivre", exulte Karen Steinbach, 35 ans, une coupe de champagne a la main.

Un peu plus loin, Merwan Boultif qui a voté pour la première fois, est venu d'Evry avec ses amis "pour voir ca". Il crie avec la foule "Sarko c'est fini".

"C'est ma première élection, je m'en rappellerai toute ma vie", explique-t-il.

A Toulouse, plusieurs milliers de personnes, 3.000 à 4.000 selon la police, se sont rassemblées sur la place du Capitole en début de soirée, scandant également "Sarkozy c'est fini" et entonnant tour à tour l'Internationale, le Temps des Cerises et la Marseillaise.

"Je ressens beaucoup de joie et surtout une grande espérance. En 1981, j'avais ressenti la même joie", a déclaré Guy, 71 ans, retraité et militant du Parti de Gauche, en brandissant une pancarte représentant une montre Rolex dans un cercueil avec la mention "Aucun regret".

Sur la place, le maire de Toulouse Pierre Cohen a dit à Reuters avoir le sentiment "de revivre un moment historique comme en 1981".

"Ce soir, il y a beaucoup de joie mais aussi beaucoup de pression sur les socialistes, il va falloir apporter les bonnes réponses."

Avec Elizabeth Pineau à Tulle et Jean Décotte à Toulouse, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jicem le lundi 7 mai 2012 à 00:40

    Non,non 3 avions dont un Boing pour les journaleux, qui va payer?