De l'incohérence du monde

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Cyrille Geneslay, gérant allocataire. (© Asset Management)
Cyrille Geneslay, gérant allocataire. (© Asset Management)

Dans son «Mythe de Sisyphe», Albert Camus nous présente sa vision très personnelle du monde et de l’absurde. L’absurde, nous dit-il, est le sentiment qui naît lors de la douloureuse opposition entre le désir de cohérence de l’être humain et l’incohérence du monde qui l’entoure. Il jaillit de la comparaison entre un état de fait et une certaine réalité, entre la volonté de comprendre et nos perceptions limitées.

L’«homme absurde» accepte cette dichotomie et reconnaît ses limites, les autres, malmenés par cette incompréhension chronique, préfèreront céder à une foi consolatrice ! Foi dans le supranaturel pour les croyants, foi dans des thèses alternatives pour les complotistes ou encore foi dans les manipulations secrètes des banques centrales pour les «iconoclastes» financiers.

Mais quand la raison révoque l’absurde pour s’en remettre à quelque chose qu’elle ne peut démontrer, l’Homme est alors prisonnier d’un présent parfois incongru, accumulant les actions grotesques pour tenter de donner au monde une certaine cohérence.

Ainsi, depuis le fameux «Whatever it takes» de Mario Draghi, nous vivons comme Vladimir et Estragon, les clowns tragiques de Samuel Beckett, dans l’attente de Godot, ou plutôt des discours des banques centrales. Elles sont devenues, petit à petit, l’ultime espoir de changement, sans qu’on sache précisément ce qu’elles sont censées nous

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