De l'immobilier dans l'assurance vie

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(lerevenu.com) -

Le président de la République et le ministre du Budget ont vendu la mèche, le premier lors d'un déplacement dans le Val d'Oise, le second, mercredi, lors des rencontres parlementaires sur l'épargne à la fiscalité. La France a besoin de construire 500.000 nouveaux logements chaque année. Or, les promoteurs sont loin de compte, et fournissent à peine la moitié de ces besoins. L'idée du gouvernement consisterait à inciter les assureurs à allouer de façon ?marginale?, c'est-à-dire ?quelques dizaines de milliards d'euros?, une partie de la manne de l'épargne des Français investie dans les contrats d'assurance vie, a expliqué Jérôme Cahuzac.

Est-ce une bonne idée de demander aux assureurs de contribuer au financement de l'immobilier d'habitation ?
Le diagnostic est connu : l'économie française ne manque pas d'épargne (3.000 milliards d'euros), mais elle est trop investie dans des placements de court terme (Livret A et autres livrets bancaires), beaucoup dans la dette de l'État, mais pas assez dans les fonds propres des entreprises, c'est-à-dire la Bourse. L'immobilier représente pourtant le stock d'épargne le plus important détenu par les Français. L'objectif de la réforme serait donc d'allouer encore davantage d'argent vers l'immobilier, mais via l'épargne financière qu'est l'assurance vie. Est-ce réellement prudent d'accroître la part des actifs investie dans l'immobilier, sans souci de mieux en diversifier les risques ?

Les assureurs se font tirer l'oreille.
Les loyers des logements ne rapportent pas assez pour rémunérer l'épargne qui leur est confiée. Ils attendent donc des promoteurs, des efforts sur les prix d'achat, et du gouvernement, une carotte fiscale, pour bonifier les rendements. Quoi de plus logique ? Leur formation d'actuaires leur donne les meilleures armes pour jongler avec habileté avec les intérêts des placements qui composent leurs actifs. Les performances des contrats en euros sont là pour le prouver.

Les assureurs sont, en revanche, moins habiles à anticiper les plus-values à attendre desdits placements.
Ce qui entre pourtant pleinement en ligne de compte dans le calcul du rendement global d'un placement à long terme. L'exercice n'est, il est vrai, pas des plus simples. En tout cas, l'exemple des compagnies d'assurances qui se sont délestées de la totalité de leurs actifs d'immobilier d'habitation, au début des années 1990, y compris le bel haussmannien de Paris intra-muros, n'inspire pas la plus grande confiance sur la pertinence de ce projet de réforme consistant à les inciter à mettre de l'immobilier dans l'assurance vie. Ces institutionnels-là sont, en effet, passés totalement à côté de la formidable hausse des prix de l'immobilier d'habitation, ces dix dernières années.

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