'De l'ESG à l'impact investing' par Aurélie Verronneau (EthiFinance)

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En 2013, l'ISR représentait en France un encours proche de 150 milliards d'euros selon Aurélie Verronneau (EthiFinance)
En 2013, l'ISR représentait en France un encours proche de 150 milliards d'euros selon Aurélie Verronneau (EthiFinance)

Comment mesurer les pratiques vertueuses des entreprises ? L'impact investing permet de mieux cibler le respect des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) explique Aurélie Verronneau, directrice de la recherche d'EthiFinance et membre du Cercle des analystes indépendants.

De plus en plus nombreux sont les acteurs financiers qui intègrent l'analyse ESG (Environnementale, Sociale et de Gouvernance) à l'analyse financière classique. La prise en compte des enjeux ESG s'est ainsi largement étendue dans les politiques d'investissement des asset owners et dans les pratiques des asset managers, notamment à travers l'« intégration ESG », qui consiste à prendre en compte quelques critères clés dans la gestion classique. Cette approche, moins contraignante que l'ISR (Investissement Socialement Responsable) classique, est souvent effectuée dans une optique d'appréhension des risques liés à des insuffisances ou des controverses (l'amende record de 4,5 milliards de dollars de BP pour la marée noire dans le Golfe du Mexique a convaincu les plus sceptiques de la nécessaire prise en compte de l'ESG dans l'analyse des entreprises).

Alors que l'ISR représentait en France, en avril 2013, un encours proche de 150 milliards d'euros, on attendrait maintenant des preuves de ses effets, ou de ses bénéfices. Les sociétés de gestion doivent ainsi démontrer qu'un portefeuille ISR est finalement différent d'un fonds classique. C'est en ce sens que s'est développée la notion d' « indicateurs ESG » (cf. Novethic), autrement dit des données clés devant permettre de mesurer la performance ESG d'un portefeuille (par exemple le nombre d'emplois créés par les entreprises composant un fonds, l'intensité carbone d'un fonds, le taux de formation des entreprises, etc.). Début 2013, Novethic a publié une étude montrant que certains investisseurs commençaient à faire cet exercice de mesure de la valeur ajoutée de leur démarche ESG, le plus souvent à la demande de leurs clients institutionnels. Pour autant, ce travail reconnu comme difficile en est encore à ses prémices. C'est dans cette même optique qu'on parle souvent de « matérialité », c'est à dire quels sont sujets ou indicateurs qui vont avoir un impact sur la performance économique ou boursière d'une organisation.

Forme d'investissement spécifique, l'impact investing est généralement différencié de l'ESG. Cette forme d'investissement, qui s'est développé depuis quelques années en Amérique du Nord et en Asie, cible en particulier des entreprises conjuguant la rentabilité financière avec une plus-value sociale et/ou environnementale bien définie. Davantage encore que l'ESG, l'impact investing doit apporter la preuve d'un impact positif. Pour cette raison, des outils de mesure ont été développés au cours des dernières années, les plus connus étant la méthode SROI (Social Return On Investment) ou la grille Iris (Impact reporting and investment standards).

Selon une étude de la banque JP Morgan, cet investissement représentait près de 6 milliards d'euros investis en 2012 et 6,7 milliards d'euros en 2013. En France, les acteurs parlant d'impact investing sont encore peu nombreux (on compte essentiellement Phitrust et Natixis). Toutefois, la tendance devrait se développer, notamment avec l'entrée en vigueur en juillet dernier d'un règlement européen sur les fonds d'investissement pour l'entrepreneuriat social, dits « EuSEF ». Cette reconnaissance par l'Union Européenne, qui s'apparente à un label, doit notamment permettre de faire connaître cette classe d'actif auprès des investisseurs institutionnels.

L'impact investing s'oriente avant tout vers des petites entreprises, dont les bénéfices sont plus facilement quantifiables, et intéresse encore de façon modérée les investisseurs français. Pour autant, on peut se demander si l'ESG, qui peine encore à démontrer sa valeur ajoutée, n'a pas un second souffle à trouver dans les méthodes et la philosophie de l'impact investing.

Aurélie Verronneau

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d'analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

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  • heimdal le lundi 23 déc 2013 à 09:08

    Article totalement imbuvable .

  • janaliz le vendredi 20 déc 2013 à 18:16

    Je ne sais si ses analyses sont lumineuses ! J'espère qu'elles le sont autant que son visage est radieux ! Merci au moins pour ce sourire !