De "L'Aventurier" à "Black City Parade" : les clés du succès d'Indochine

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Le groupe Indochine est de retour en 2013 avec un nouvel album et une tournée. Yves Bottalico
Le groupe Indochine est de retour en 2013 avec un nouvel album et une tournée. Yves Bottalico

(Relaxnews) - En trente ans de carrière, Indochine a connu des hauts et des bas. Le groupe, qui sort ce lundi son douzième album, "Black City Parade" chez Arista France Sony, entamera ensuite une tournée intensive qui passera par le Stade de France en 2014. Avec plus de 300.000 albums écoulés pour "La République des Météors" et une tournée qui a réuni plus de 800.000 spectateurs, Indochine s'impose toujours, aujourd'hui, comme l'un des groupes phares de la scène française. Comment expliquer ce succès ?

Très attendue par les fans, l'arrivée dans les bacs de "Black City Parade" est sans conteste la sortie la plus importante de ce début d'année en France. Pour ce disque, le groupe, inspiré par la thématique de la ville, a travaillé pendant quatorze mois entre Paris, Berlin, Bruxelles, Tokyo et New York.

Une longévité exemplaire

Fondé en 1981, Indochine a traversé plus de trois décennies musicales. Pendant les dix premières années, le groupe rencontre un succès rapide. Après le 45 tours "Dizzidence Politik", Indochine assure les premières parties de Taxi Girl et sort en 1982 "L'Aventurier", un mini-album qui s'est vendu à 250.000 exemplaires. C'est le début de l'"Indomania". Les tubes se succèdent : "Koa Bang", "Miss Paramount", "Canary Bay", "Tes yeux noirs" avec Serge Gainsbourg pour la réalisation du clip, "Trois nuits par semaine", "3e Sexe". Comparé au groupe britannique The Cure pour le look, Indochine enchaîne les succès et les albums : "Le Péril Jaune" (1983), "3" (1985), "7000 danses" (1987), "Le Baiser" (1990).

Dans les années 90, le paysage musical change quelque peu avec l'influence de la brit pop. Le groupe perd au passage Dimitri Bodianski qui décide de se consacrer à sa famille. La formation a toujours du succès, mais semble perdre le soutien médiatique. Indochine se cherche un peu et la sortie de "Wax" en 1996 passe presque inaperçue. La mort brutale de Stéphane Sirkis, le frère de Nicola, à 39 ans d'une hépatite foudroyante en 1999 est un choc pour le groupe. Mais Indochine s'accroche, persévère. Nicola, le leader, décide de sortir "Dancetaria" en hommage à Stéphane. L'album se vend à plus de 120.000 exemplaires, sans l'appui des médias. Les fans, toujours fidèles, répondent à l'appel des concerts et des tournées.

En 2002, "Paradize" marque la renaissance du groupe, porté désormais uniquement par Nicola Sirkis. Le résultat est un son rock, efficace, assez punk. L'album, salué par plusieurs Victoires de la musique, se vend à plus d'un million d'exemplaires. Le succès des bacs gagne la scène. Le groupe joue désormais à guichets fermés. "Alice & June" en 2005, puis "La République des Météors" en 2009 confirment ce renouveau, ce succès retrouvé, inédit pour un groupe français de plus de trente ans qui totalise désormais plus de dix millions d'albums vendus.

Du rock français efficace

De "L'Aventurier" à "Memoria", en passant par "J'ai demandé à la lune", "3e Sexe", "Canary Bay", "Little Dolls" ou "Le Grand secret", le groupe a livré de nombreux tubes. Pour ces derniers opus, depuis le renouveau de "Paradize", Nicola Sirkis a su s'entourer et sollicité de nombreuses collaborations fructueuses. Pour cet album, il fait appel à Melissa Auf der Maur, Mickey 3D, Gérard Manset, Jean-Louis Murat et les romancières Ann Scott et Camille Laurens. Pour "Mao Boy", Indochine confie son titre au duo de musique électronique Rinôçérose.

"Alice & June" livre de nouvelles collaborations avec la présence de Didier Wampas sur "Harry Poppers", ou encore Brian Molko, le leader du groupe Placebo, sur "Pink Water". De même, dans le dernier opus, Indochine a invité Lescop pour "Traffic Girl" et Tom Smith, le chanteur de Editors, pour "The Lovers".

La folie "Indomania"

Si les médias ont longtemps boudé Indochine, le public a toujours été, quant à lui, fidèle à la formation de Nicola Sirkis. La génération des années 80 s'est renouvelée et les concerts actuels donnent lieu à une rencontre entre plusieurs âges, des trentenaires-quadragénaires, à la génération actuelle des 15-20 ans. La folie Indomania a su séduire les plus jeunes et se renouveler.

Les dernières tournées du groupe ont été gigantesques. Indochine s'est produit en 2009 devant des salles combles. Premier groupe français à avoir joué au Stade de France, la formation est connue pour sa générosité, son rapport étroit avec ses fans. Le groupe condamne le prix trop élevé des billets de concert et veille à proposer des tarifs raisonnables. En moyenne, 35 euros pour les Zénith et entre 40 et 60 euros pour le Stade de France. Une attention que le public lui rend bien.

sg/ls

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