DCNS victime d'un vol de données peu critiques-source

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    * Aucune négligence identifiée chez DCNS-source 
gouvernementale 
    * Vol de données classifiées très improbable-source 
    * New Delhi dit n'avoir identifié aucun risque pour sa 
sécurité 
 
 (Actualisé avec précisions) 
    par Cyril Altmeyer 
    PARIS, 25 août (Reuters) - Le constructeur naval militaire 
DCNS a été victime en 2011 d'un vol de documents et non d'une 
fuite mais il parait improbable que des données classifiées y 
figurent, a-t-on déclaré jeudi à Reuters de source 
gouvernementale française. 
    Le gouvernement indien a indiqué de son côté n'avoir 
identifié aucun risque immédiat pour sa sécurité à la suite de 
la diffusion, révélée mercredi par un quotidien australien, de 
22.000 pages de documents concernant les six sous-marins 
construits par DCNS pour l'Inde.   
    "Ce n'est pas une fuite, c'est un vol, une malveillance", a 
expliqué la source française. 
    "On n'a pas pu identifier une négligence de la part de DCNS, 
on a plutôt identifié une malhonnêteté individuelle", a-t-elle 
ajouté. 
    Les documents, selon cette source, ont très probablement été 
volés par un ancien salarié français, licencié pour faute après 
avoir travaillé chez un sous-traitant de DCNS assurant la 
formation en Inde sur l'utilisation des sous-marins. La source 
n'a pas identifié cette société sous-traitante.  
    A ce stade, les données volées concernent le mode d'emploi 
des sous-marins et il paraît très improbable que des documents 
classifiés aient été dérobés, les règles pour leur détention 
étant très complexes, a ajouté la source. 
    DCNS, filiale à 35% de Thales  TCFP.PA , s'est refusé à tout 
commentaire tandis que le ministère de la Défense n'était pas 
immédiatement disponible.    
    La France et l'Inde ont ouvert mercredi une enquête à la 
suite des révélations du quotidien The Australian.   
    "Les documents qui ont été publiés (...) ont été étudiés et 
ne posent aucun risque du point de vue de la sécurité car les 
paramètres essentiels ont été occultés", a dit le ministère 
indien de la Défense dans un communiqué.  
     
    MODES D'EMPLOI  
    Selon la source gouvernementale française, les documents 
volés qui ont pu être identifiés à ce stade sont des modes 
d'emploi des sous-marins, en particulier pour leur entretien, 
mais n'indiquent en aucun cas comment les détecter. 
    "C'est la documentation rédigée à l'intention des Indiens, 
pas des données internes à DCNS ou à la France" a précisé cette 
source. "Cela n'a rien à voir avec la fuite des plans de 
construction d'une arme, d'un radar ou d'un sonar",  
    DCNS n'a pas exclu mercredi que cette diffusion massive de 
documents soit partie prenante d'une "guerre économique" au 
moment où DCNS négocie en Australie un méga-contrat de 
sous-marins pour 50 milliards de dollars australiens (34 
milliards d'euros).   
    "C'est une opération de déstabilisation avérée : une affaire 
qui se passe en Inde resurgit en Australie alors qu'il n'y a 
aucun rapport entre les deux", a déclaré la source 
gouvernementale.  
    L'Australie a choisi DCNS fin avril pour des discussions 
exclusives jusqu'à la fin de l'année sur l'acquisition de 12 
sous-marins, alors que l'allemand Thyssenkrupp Marine Systems 
(TKMS)  TKAG.DE  était donné largement favori et qu'un 
consortium japonais était aussi en lice.   
    "On va resserrer tous les boulons pour tous ceux qui vont 
aller travailler en Australie", a souligné cette source. "On va 
revoir les procédures pour que quelqu'un n'ait plus accès à lui 
seul à 22.000 pages de manuels à l'avenir." 
    Des entretiens sont prévus très prochainement par voie 
diplomatique entre la France et l'Australie pour garantir à 
Canberra qu'un tel incident ne puisse pas se reproduire dans le 
cadre de la négociation du contrat de sous-marins, a ajouté la 
source. 
 
 (Avec Douglas Busvine à New Delhi, Marc Angrand pour le service 
français, édité par Gwénaëlle Barzic) 
 

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