DCNS affiche ses ambitions dans les hydroliennes

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par Pierre-Henri Allain

RENNES (Reuters) - Le groupe naval de défense DCNS a annoncé mardi une prise de participation majoritaire dans la société irlandaise OpenHydro, spécialisée dans les hydroliennes, pour réaliser à terme un chiffre d'affaire d'un milliard d'euros dans ce domaine.

Patrick Boissier, le PDG de la société de construction militaire contrôlée à 64% par l'Etat français et à 35% par Thales, a expliqué qu'il prévoyait d'investir 130 millions d'euros pour porter la participation de DCNS au sein du capital d'OpenHydro de 11% à 59,7%.

"L'ambition de DCNS est de réaliser un chiffre d'affaires annuel d'un milliard d'euros sur le marché de l'énergie hydrolienne à l'horizon 2025", a t-il indiqué lors d'une conférence de presse, précisant que la société allait dans les prochaines années "s'engager fortement dans le domaine des énergies marines renouvelables", hydroliennes, mais aussi éoliennes flottantes ou énergie thermique des mers.

Créé en 2004, OpenHydro compte aujourd'hui 90 collaborateurs et est l'un des leaders technologiques mondiaux sur le marché des hydroliennes, auquel s'intéressent également d'autres grands groupes comme Alstom ou Siemens.

"OpenHydro a aujourd'hui la technologie la plus mature et la plus prometteuse dans le domaine des hydroliennes", estime Patrick Boissier.

Le marché de l'énergie hydrolienne, qui fonctionne avec les marées et peut donc produire une énergie "régulière et prévisible", représente selon lui une puissance potentielle exploitable de 90 GW à l'échelle de la planète, soit l'équivalent de soixante centrales nucléaires de type EPR.

EMPLOIS À TERRE

Plusieurs dizaines de milliers de turbines pourraient être installées à terme dans le monde, prévoit DCNS.

La première hydrolienne à vocation industrielle, équipée d'une turbine de 16 mètres de diamètre et réalisée par OpenHydro, a été expérimentée en août dernier au large de Paimpol (Côtes d'Armor) mais gît depuis le 15 septembre au fond dans la rade de Brest à la suite d'un incident technique.

"Cet incident n'a rien à voir avec la technologie d'OpenHydro, il s'agit d'un problème lié au treuil de la barge qui transportait la turbine qui a cédé", a précisé Patrick Boissier, estimant que l'hydrolienne pourrait être récupérée "dans les semaines à venir".

En attendant, DCNS, qui espère porter son chiffre d'affaires global de 2,6 milliards en 2011 à 5 milliards en 2020, prépare l'avenir en prévoyant la réalisation de champs d'hydroliennes un peu partout dans le monde, à commencer par la France et les îles britanniques.

Parmi les principaux sites déjà retenus, le raz Blanchard, au large de Cherbourg (Manche) pourrait accueillir à terme plusieurs dizaines d'hydroliennes, chaque ensemble entraînant à terre la réalisation de sites pouvant employer entre 1.000 et 1.500 personnes.

La société OpenHydro a de son côté d'ores et déjà obtenu des concessions pour la réalisation, à l'horizon 2017, d'un champ d'hydroliennes d'une capacité de 250 MW au large de l'Ecosse et d'un autre champ d'une capacité de 100 MW, soit cinquante turbines, au nord-ouest de l'Irlande.

Edité par Yves Clarisse

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