DAVOS-Stratégies du "moins disant" et dollar fort inquiètent

le , mis à jour à 18:44
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    par Ben Hirschler et Noah Barkin  
    DAVOS, Suisse, 20 janvier (Reuters) - Une appréciation du 
dollar, une course au moins-disant fiscal et réglementaire et 
une montée du protectionnisme constituent les principaux risques 
pesant sur des perspectives de croissance mondiale en 
amélioration, ont prévenu vendredi des responsables économiques 
et financiers, au dernier jour du Forum économique mondial de 
Davos.  
    Interrogée sur les possibles "cygnes noirs", ces événements 
imprévus susceptibles de perturber fortement la trajectoire de 
l'économie mondiale, la directrice générale du fonds monétaire 
international a évoqué pour cette année les risques liés à 
certaines des engagements pris par le nouveau président des 
Etats-Unis, Donald Trump. 
    "Si les perturbations que nous anticipons en 2017 du fait de 
ce qui est arrivé en 2016 se révèlent toutes aussi négatives et 
que nous aboutissons à une course au moins-disant fiscal, 
commercial et sur le plan de la réglementation financière, cela 
sera pour moi un très gros 'cygne noir' qui aurait des 
conséquences dévastatrices, a mis en garde Christine Lagarde.  
    "J'ai beaucoup entendu parler de guerre commerciale à Davos. 
Cela détruirait des emplois, cela ne créerait pas d'emplois", a 
déclaré de son côté le directeur général de l'Organisation 
mondiale du commerce, Roberto Azevedo.  
    "Je demande à chacun de faire preuve de prudence et de 
responsabilité. Nous devons absolument éviter de nous laisser 
entraîner dans une crise", a-t-il poursuivi. 
    Concluant quatre jours d'échanges dans la station des Alpes 
suisses, dirigeants d'entreprise et responsables économiques ont 
certes salué les mesures de relance annoncées par la nouvelle 
Administration Trump et sa détermination affichée à relancer les 
dépenses d'infrastructure et à réduire les impôts. Mais les 
incertitudes et les inquiétudes ne manquent pas.  
     
    APPRÉCIATION "SIGNIFICATIVE" DU DOLLAR 
    Pour le dirigeant de BlackRock  BLK.N , la plus grande 
société de gestion mondiale, il ne fait guère de doute que les 
mesures annoncées devraient profiter aux marchés financiers 
américains pendant les 100 premiers jours au moins de la 
nouvelle Administration. Mais, il a souligné le flou qui entoure 
la manière dont elles seront financées.  
    Larry Fink a aussi mis en garde contre les risques liés à un 
nouveau renforcement du dollar avec les relèvements attendus des 
taux d'intérêt la Fed, qui pourraient déboucher sur un conflit  
entre la Maison blanche et la banque centrale.  
    Le durcissement de la politique monétaire par la Fed cette 
année peut entraîner une appréciation "significative" du dollar, 
a t-il dit.  
    "Nous devons tous être conscients que nous allons vivre dans 
un monde où le dollar est fort." 
    La Fed a relevé le mois dernier ses taux directeurs pour la 
deuxième fois en un an après les avoir laissés inchangés à des 
niveaux proches de zéro pendant près d'une décennie.  
    Le dollar est proche d'un plus haut de 14 ans contre l'euro, 
une vigueur qui menace la compétitivité des Etats-Unis alors que 
Donald Trump a fait du rapatriement des investissements et des 
emplois aux Etats-Unis l'une de ses priorités.  
    Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a 
reconnu que la perspective d'une croissance économique plus 
soutenue aux Etats-Unis pourrait entraîner une appréciation du 
dollar.   
    "La croissance de l'économie américaine pourrait accélérer 
cette année et l'année prochaine, et la hausse des prix pourrait 
un peu augmenter. Tous (ces facteurs) peuvent conduire à une 
hausse des taux et le dollar pourrait aussi s'apprécier", a-t-il 
dit.  
    Kuroda a en revanche relativisé le risque d'une 
généralisation du protectionnisme qui affecterait le commerce 
mondiale en réponse aux politiques mises en oeuvre par la 
nouvelle Administration américaine et à la montée du populisme 
en Europe.  
    "La plupart des pays, y compris les principales économies du 
G7 et du G20 sont fortement déterminés à promouvoir le commerce 
mondial, et peuvent en conséquence aider à prévenir la diffusion 
du protectionnisme", a-t-il ajouté.  
    Christine Lagarde a prévenu que d'éventuelles politiques 
protectionnistes de l'administration Trump auraient un impact 
négatif sur l'économie qui ne serait pas compensé par les 
bénéfices des mesures de relance.  
    "Au total, l'effet net ne sera probablement pas positif".  
    Le FMI s'attend à une croissance mondiale de 3,4% cette 
année et de 3,6% en 2018 après 3,1% cette année.  
     
 
 (avec Dmitry Zhdannikhov et Tom Miles; Marc Joanny pour le 
service français, édité par Marc Angrand) 
 

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