David Cameron veut prendre son temps pour préparer le Brexit

le , mis à jour à 18:28
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    * L'article 50 relève d'une "décision souveraine" de la GB, 
dit Cameron 
    * Un nouveau Premier ministre début septembre ? 
    * Allemands, Polonais et Slovaques ne veulent pas hâter les 
choses 
    * L'économie britannique "aussi solide qu'il se peut" - 
Osborne 
    * Cameron promet d'associer Écossais, Irlandais et Gallois 
 
 (Actualisé tout du long) 
    par William James 
    LONDRES, 27 juin (Reuters) - David Cameron a ignoré lundi 
les appels de ses partenaires européens favorables à des 
négociations rapides sur le divorce entre la Grande-Bretagne et 
l'UE, affirmant qu'il n'entendait pas, à ce stade, invoquer 
l'article 50 du traité de Lisbonne après le référendum sur le 
Brexit. 
    Le Premier ministre britannique, s'exprimant devant les 
députés de la chambre des Communes, a expliqué que le lancement 
de la procédure de sortie de l'Union européenne relevait d'une 
"décision souveraine" de la Grande-Bretagne et "d'elle seule". 
    Tout en affirmant que le résultat du scrutin de jeudi 
dernier devait être accepté, Cameron a confirmé qu'il entendait 
prendre son temps, souhaitant que les relations économiques avec 
les Vingt-Sept restent les plus fortes possibles. 
    Cette clarification intervient alors que les dirigeants 
européens multiplient les rencontres pour tenter de dégager une 
position commune sur le calendrier que Londres souhaite observer 
pour gérer sa séparation de l'UE. 
    Le président français, François Hollande, doit retrouver ce 
lundi soir à Berlin la chancelière allemande et le chef du 
gouvernement italien, Matteo Renzi. 
    David Cameron doit participer mardi à ce conseil au cours 
duquel il devra exposer la position de son gouvernement. 
    La déclaration devant la chambre des Communes prolonge celle 
faite juste après la publication des résultats du référendum 
lorsqu'il avait signifié son intention de démissionner d'ici 
octobre et de laisser à son successeur le soin de mener les 
négociations. 
    Le nom du prochain Premier ministre britannique pourrait 
être connu au plus tard le 2 septembre, a indiqué Graham Grady, 
président d'une commission parlementaire fixant les règles de 
fonctionnement du Parti conservateur. 
    La procédure de sélection du prochain chef du gouvernement, 
qui pourrait être Boris Johnson, ex-maire de Londres et figure 
de proue du camp du "Leave", pourrait débuter dès la semaine 
prochaine, selon les recommandations de cette commission. 
     
    L'ÉCONOMIE BRITANNIQUE ASSEZ SOLIDE, DIT OSBORNE 
    Un porte-parole de David Cameron avait expliqué plus tôt 
dans la journée qu'une équipe de hauts fonctionnaires avait été 
constituée afin d'aider le futur Premier ministre dans la tâche 
qui l'attend face aux autres pays européens. 
    "C'est un travail de réflexion préalable. Il ne s'agit pas 
de prendre de décisions car il convient que la décision soit 
prise par le Premier ministre du nouveau gouvernement", a 
commenté Oliver Letwin, parlementaire et ami de David Cameron, 
qui fera partie de cette équipe. 
    Selon le ministre des Finances britannique, George Osborne, 
l'économie du Royaume-Uni est suffisamment solide pour assumer 
la volatilité née du vote favorable à la sortie de l'Union 
européenne. 
    S'exprimant pour la première fois depuis le référendum, 
George Osborne a dit qu'il était en contact étroit avec la 
Banque d'Angleterre et avec des responsables économiques et 
financiers internationaux pour assurer la stabilité pendant les 
négociations avec l'UE. 
    "Notre économie est aussi solide que possible pour faire 
face aux défis auxquels notre pays est dorénavant exposé", 
a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Il est 
inévitable qu'à l'issue du vote de jeudi, l'économie britannique 
devra s'adapter à la nouvelle situation". 
    Le ministre a reconnu que les finances publiques du pays 
souffriraient du Brexit mais a ajouté que de nouvelles mesures 
budgétaires ne seraient pas proposées avant l'automne, quand un 
nouveau Premier ministre sera choisi. 
    La question essentielle, a souligné de son côté Cameron, est 
de garantir le meilleur accès possible de la Grande-Bretagne au 
marché unique afin de ne pas pénaliser l'économie britannique. 
    Alors que la France souhaite que la procédure de séparation 
soit entamée sans attendre, la chancelière Merkel estime que la 
Grande-Bretagne doit se voir accorder le temps nécessaire à la 
préparation de cette sortie. 
    Cette position est soutenue par la Pologne dont ministre des 
Affaires étrangères Witold Waszczykowski a souligné lundi la 
"nécessité d'une période de réflexion plus longue". 
    "Cela ne peut pas être une procédure hâtive consistant à 
forcer la sortie de la Grande-Bretagne aussi rapidement que 
possible", a-t-il ajouté avant de se rendre à Prague pour une 
rencontre avec ses homologues tchèque, slovaque, hongrois, 
allemand et français. 
     
    PAS DE PRÉ-NÉGOCIATIONS 
    La Slovaquie, qui assurera la présidence tournante de l'UE à 
partir du 1er juillet, est elle aussi favorable à un rythme 
lent. "Il n'est pas nécessaire de se presser. Il n'y a pas de 
vide juridique", a commenté Miroslav Lajcak, ministre slovaque 
des Affaires étrangères. 
    "Bien sûr, il faut que les Britanniques règlent le problème 
de qui les représente", a admis le chef de la diplomatie 
française Jean-Marc Ayrault. 
    Son collègue des Finances Michel Sapin estimait pour sa part 
que Paris et Berlin étaient d'accord pour que les choses aillent 
vite et qu'il n'y avait pas de divergence au sein du couple 
franco-allemand sur cette question. ( ID:nL8N19J0Q0 ) 
    Cette patience des Européens tient compte des conséquences 
induites par la victoire des partisans du Brexit et notamment un 
éventuel blocage de la part du parlement britannique. 
    David Cameron a prévenu qu'il ne devait pas y avoir 
d'initiative en ce sens. "Le résultat (du référendum) ne laisse 
aucune place au doute(...). Il est clair à mes yeux, et le 
gouvernement a rendu le même avis ce matin, que la décision doit 
être acceptée", a affirmé Cameron devant les Commmunes. 
    L'autre question concerne le Royaume-Uni, et notamment les 
velléités d'indépendance réaffirmées par l'Ecosse qui entend ne 
pas se laisser imposer une sortie dont elle ne veut pas. 
    David Cameron a promis d'associer pleinement les instances 
dirigeantes écossaise, irlandaise et galloise aux préparatifs 
avant le début des négociations. 
    Malgré des divergences, les Vingt-Sept semblent s'accorder 
sur un point, il n'est pas question de procéder à des 
pré-négociations, ni d'entamer des tractations avant que 
l'article 50 du traité de Lisbonne soit officiellement invoqué. 
    De source française, on indiquait lundi que les "sherpas" 
des partenaires européens du Royaume-Uni étaient d'accord pour 
que les négociations débutent après le déclenchement de la 
procédure communautaire. ( ID:nL8N19J4H0 ) 
 
 (Avec Kevin Yao, Costas Pitas, Bate Felix, Andrea Shalal, 
Minami Funakoshi et Tetsushi Kajimoto, avec David Stamp, Wilfrid 
Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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  • M1531771 il y a 5 mois

    Et pendant ce temps, il va nous ruiner...!Faudra bien que les Anglais payent pour un jour. C'est trop facile autrement !

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