David Cameron «rêve» d'une Grande-Bretagne de propriétaires

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Le premier ministre conservateur présente son programme détaillé à l’approche des élections législatives du 7 mai prochain. Il met le droit à la propriété au cœur de sa stratégie.

Incapable jusque-là de prendre l’avantage sur les travaillistes dans les sondages, le Premier ministre conservateur David Cameron présente mardi son programme détaillé à l’approche des élections législatives du 7 mai, avec la promesse notamment d’étendre le droit à la propriété. Eliminer le déficit public, baisser les impôts et tenir un référendum sur la sortie ou le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne font partie des autres priorités que doit formuler le leader des Tories lors de son discours à Swindon, dans l’ouest de l’Angleterre.

Les conservateurs dévoilent leur projet 24 heures après celui des travaillistes qui ont mis l’accent sur les questions économiques et la réduction du déficit, des thèmes habituellement phagocytés par la droite. Le Premier ministre doit investir à son tour un terrain, le social, où on l’attend moins, histoire de capter les voix du centre et de donner un peu de souffle à une campagne jugée trop terne et négative par son propre camp. Etendre le droit à la propriété pour les ménages modestes est la principale annonce attendue de son discours du jour. «Nous sommes le vrai parti des travailleurs», doit dire David Cameron qui promet de renforcer une mesure emblématique du gouvernement Thatcher introduite en 1980.

Elle consiste à offrir aux occupants d’un logement social la possibilité de l’acheter avec une ristourne allant jusqu’à 100.000 livres. Les Tories veulent élargir le «right-to-buy» aux habitations proposées par les associations d’aide au logement et toucher ainsi jusqu’à 1,3 million de familles supplémentaires. Le projet est censé remédier à la crise du logement, un des enjeux de cette élection alimenté par l’envolée du prix des loyers et la pénurie en logements accessibles. «Cette génération de conservateurs peut clamer avec fierté que le rêve d’une démocratie de propriétaires est bien vivant et que nous allons l’accomplir», doit souligner David Cameron, alors que le nombre de propriétaires a reculé pour la première fois depuis un siècle ces dernières années au Royaume-Uni.

Construire 400.000 nouveaux logements sur cinq ans

Pour financer cette promesse, les municipalités sont priées de mettre sur le marché leurs logements sociaux les plus onéreux avec l’obligation de remplacer chaque habitation vendue. Les conservateurs promettent en outre la construction de 400.000 nouveaux logements sur cinq ans. Avec ce projet, David Cameron espère enfin faire décoller une campagne marquée jusque-là par des attaques en règle contre le Labour, ressuscitant l’image du «nasty party», le parti des méchants. Le quotidien The Times relaye aussi mardi l’inquiétude des candidats conservateurs sur le terrain qui regrettent un «message négatif et sans imagination», uniquement centré sur l’économie.

Conservateurs et travaillistes sont toujours au coude-à-coude dans les sondages, gelés depuis des mois autour de 34% des intentions de vote, et le suspense est plus que jamais total quant à l’identité du futur Premier ministre. Les différentes promesses du parti conservateur, comme les huit milliards de livres supplémentaires injectés tous les ans dans le système de santé public NHS à l’horizon 2020, ont été accueillies avec circonspection sachant qu’elles vont de pair avec l’engagement de continuer une politique d’austérité jugée inévitable. Le flou entourant le financement des promesses et, en parallèle, l’identité des secteurs concernés par de nouvelles coupes budgétaires ont contribué à entretenir une certaine suspicion.

Mardi, les travaillistes ont de nouveau insisté sur le caractère «fantaisiste» et «irréalisable» de l’annonce de David Cameron. «Les Tories veulent maintenant nous faire croire qu’ils vont comme par magie brasser des milliards de livres tous les ans juste en vendant quelques logements sociaux. L’année dernière, cela a permis de lever à peine 100 millions de livres, alors que la mesure coûte 4,5 milliards par an», a souligné Emma Reynolds, en charge des questions de logement au parti travailliste. Même la Fédération nationale du logement, qui regroupe les associations d’aide au logement, se dit opposée au plan des conservateurs qui leur est pourtant destiné. «C’est une mauvaise réponse à la crise du logement», a estimé une des responsables, Ruth Davison, qui met elle aussi en avant le coût considérable de l’opération et, du coup, les doutes concernant sa mise en oeuvre.

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