David Cameron remanie son équipe, mais conserve George Osborne

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DAVID CAMERON REMANIE SON GOUVERNEMENT
DAVID CAMERON REMANIE SON GOUVERNEMENT

par Matt Falloon et Tim Castle

LONDRES (Reuters) - David Cameron a remanié mardi le gouvernement britannique dans l'espoir de faire taire les voix dissidentes à sa droite et de redresser une popularité en berne pour cause de récession.

Le Premier ministre conservateur a toutefois gardé à leur poste deux ministres-clés : le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, pourtant impopulaire, et le chef de la diplomatie britannique, le secrétaire au Foreign Office William Hague.

Ce remaniement, qualifié de "politique plutôt qu'économique" par un analyste de Bank of America Merrill Lynch, John Wraith, ne devrait pas se traduire par de profonds changements dans la politique.

La marge de manoeuvre du chef du gouvernement était de toutes manières limitée par les contraintes de la cohabitation dans la coalition au pouvoir associant depuis mai 2010 les Tories et les libéraux-démocrates de sensibilité centriste et européenne.

Il fallait aussi à David Cameron éviter le piège de se faire de puissants ennemis au sein même de sa propre formation au moment où les conservateurs traversent une période délicate.

George Osborne, un proche allié du Premier ministre, a été hué lundi soir par la foule lors d'une cérémonie de remise de médailles aux Jeux paralympiques de Londres.

Son impopularité découle du mécontentement provoqué par les coupes budgétaires alors que le Royaume-Uni est de nouveau entré en récession cette année.

"Il reste en place", a assuré à l'agence Reuters une source proche des tractations auxquelles le remaniement a donné lieu. Les sondages montrent que nombre de Britanniques souhaitaient que le chancelier de l'Echiquier, architecte de la politique économique et budgétaire du gouvernement, soit remplacé.

Mais David Cameron pouvait difficilement le faire sans que cette mesure ne soit interprétée comme un aveu d'échec de sa part, notamment dans le domaine économique.

BUDGET CONTROVERSÉ

David Laws, un "lib-dem" respecté pour ses compétences économiques, fait son entrée au gouvernement comme secrétaire d'Etat à l'Education. Les cinq ministres de plein rang "lib-dem", dont le ministre des Entreprises, Vince Cable, ne sont pas concernés par les changements.

Le Premier ministre a confié à son ministre de la Justice, Ken Clarke, un ancien chancelier de l'Echiquier aujourd'hui âgé de 72 ans, un poste de ministre sans portefeuille chargé de le conseiller en matière de stratégie économique.

Sa nomination équivaut en réalité à une rétrogradation étant donné qu'il était l'un des porte-parole les plus en vue de l'aile pro-européenne des Tories. "On assiste à un déplacement vers la droite du gouvernement conservateur", s'est réjoui un "eurosceptique" du parti, le député Peter Bone.

De source autorisée, on explique qu'un départ de George Osborne aurait soulevé des questions de la part des marchés financiers sur la capacité de David Cameron à s'attaquer au déficit budgétaire conséquent.

Le Premier ministre s'en tient à sa politique d'austérité en espérant un retour de la croissance d'ici les prochaines élections législatives de 2015.

Le budget dévoilé en mars réduit la fiscalité pour les plus riches tout en aggravant les taxes sur les retraités. Ces mesures ont provoqué une levée de boucliers contre la coalition au pouvoir, accusée d'être déconnectée de ceux qui se trouvent au bas de l'échelle sociale et souffrent de la récession.

Le ministre du Développement international, Andrew Mitchell, est nommé "chief whip" chargé de la discipline interne au parti à la chambre des Communes. Theresa Villiers a, pour sa part, été nommée ministre chargée de l'Irlande du Nord.

La plus belle promotion revient à l'ancien ministre de la Culture Jeremy Hunt, nommé à la Santé pour "vendre" des réformes controversées à une opinion publique et à des professionnels de la santé sceptiques.

Avec David Milliken, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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