David Cameron promet un référendum sur l'Europe après 2015

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DAVID CAMERON PROPOSE UN RÉFÉRENDUM SUR LE MAINTIEN DANS L'UE
DAVID CAMERON PROPOSE UN RÉFÉRENDUM SUR LE MAINTIEN DANS L'UE

par Andrew Osborn et Peter Griffiths

LONDRES (Reuters) - David Cameron s'est engagé mercredi à demander aux Britanniques de se prononcer par référendum sur le maintien de leur pays dans l'Union européenne s'il gagne les élections législatives prévues au plus tard en 2015.

Mettant fin à des mois de spéculations sur le sujet, le Premier ministre conservateur a annoncé lors d'un discours à Londres que cette consultation populaire aurait lieu avant fin 2017, malgré les nombreuses mises en garde en provenance des milieux d'affaires et des pays alliés contre les risques économiques et diplomatiques d'une sortie de l'Europe.

"Il est temps pour le peuple britannique d'avoir son mot à dire. Il est temps pour nous de régler cette question au sujet de la Grande-Bretagne et de l'Europe", a-t-il dit.

David Cameron a toutefois assuré que la Grande-Bretagne ne souhaitait pas "relever le pont-levis" et se couper du reste du monde.

Constatant que la défiance des Britanniques vis-à-vis de l'Union européenne culmine "à un niveau historique", il entend cependant mener campagne en 2015 en promettant une renégociation des termes de l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'UE, une solution qu'il privilégie à une sortie pure et simple de l'ensemble communautaire.

"Lorsque nous aurons négocié ce nouvel accord, nous donnerons au peuple britannique un référendum avec une alternative très simple: dedans ou dehors, rester dans l'Union européenne sur ces nouvelles bases ou en sortir complètement", a-t-il dit.

La tenue de ce référendum est aussi incertaine qu'une victoire des conservateurs aux prochaines élections législatives. L'opposition travailliste est en tête des intentions de vote tandis que le gouvernement de coalition, formé avec les libéraux démocrates, entend poursuivre sa politique d'austérité malgré l'impopularité qu'elle engendre.

Le Parti conservateur est lui-même divisé sur la question européenne. Sa frange hostile à l'appartenance à l'UE est aiguillonnée par la concurrence de plus en plus menaçante à droite des "indépendantistes" de l'UKIP.

En s'engageant ainsi, le Premier ministre britannique devrait satisfaire sa base électorale mais il risque aussi de se mettre à dos les grands partenaires européens de Londres, Allemagne et France en tête, hostiles à son projet de renégociation.

"On ne peut pas faire l'Europe à la carte", a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur France Info.

CINQ PRINCIPES

Allié privilégié de Londres, le gouvernement américain a fait savoir qu'il souhaitait que la Grande-Bretagne reste membre de l'UE avec une "voix forte".

Sur le plan intérieur, l'initiative ne sera pas forcément du goût du Parti libéral démocrate, partenaire de coalition des conservateurs mais pro-européen affiché.

David Cameron dit lui-même préférer le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'UE mais il milite pour une réforme radicale du bloc des Vingt-Sept.

Une nouvelle Union européenne doit être bâtie selon lui selon cinq principes: compétitivité, flexibilité, pouvoir redescendant vers les Etats membres, responsabilité démocratique et justice.

La crise de la dette dans la zone euro, à laquelle la Grande-Bretagne n'appartient pas, est une des principales raisons de l'exigence d'une renégociation.

"L'Union européenne qui sortira de la crise sera une institution très différente", explique le Premier ministre britannique. "Elle sera transformée, peut-être de manière méconnaissable, par les mesures nécessaires pour sauver la zone euro."

Eviter un référendum rendrait encore plus probable une sortie du Royaume-Uni, estime encore David Cameron. Cela risquerait d'alimenter le désenchantement des Britanniques alors qu'ils sont déjà, à une courte majorité selon les sondages, favorables à une telle sortie.

"Certains disent que pointer cela du doigt est irresponsable, que cela crée de l'incertitude dans les affaires et que cela met en question la place de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne", a dit David Cameron. "Mais la question est déjà posée: l'ignorer ne la fera pas disparaître."

Selon lui, de nombreux Britanniques déplorent l'ingérence de l'UE et de ses "règles et réglementations inutiles" dans leur vie quotidienne. Refuser de leur demander leur avis ne ferait que renforcer leur sentiment que "l'UE avance dans une direction qu'ils n'ont pas choisie", a-t-il dit.

Pour Nigel Farage, chef de file de l'UKIP, David Cameron a laissé "le génie sortir de sa boîte" avec cette idée de référendum.

Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand

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  • M2280901 le mercredi 23 jan 2013 à 12:37

    au moins il demande l'avis du peuple lui !

  • M1736621 le mercredi 23 jan 2013 à 12:35

    Bye, Bye et rendez-nous par la même occasion, la gestion de l'Euro qui, pourqoui donc, se fait à Londres.