David Cameron promet à l'UE du concret pour novembre

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par Guy Faulconbridge et Alastair Macdonald BRUXELLES, 15 octobre (Reuters) - David Cameron détaillera début novembre les modifications qu'il attend d'une renégociation des relations entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Les attentes du Premier ministre britannique seront posées par écrit dans une lettre qu'il adressera au président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a précisé jeudi un membre de la délégation britannique en marge du sommet européen de Bruxelles, indiquant cette lettre serait rendue publique. Cameron veut obtenir une renégociation des relations entre Londres et l'UE avant un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans le bloc européen, promis avant la fin 2017. Il a brièvement exposé jeudi devant ses pairs du Conseil européen le statut de cette renégociation. Cameron souligne que sa volonté de redéfinir les relations de la Grande-Bretagne et de l'Union, la grande affaire de son deuxième mandat, est un "travail extrêmement difficile" mais, plus de cinq mois après son triomphe aux législatives, des diplomates européens expriment en privé de la frustration sur l'absence de propositions précisément détaillées. "Nous ne savons toujours pas ce qu'il demande vraiment", soulignait cette semaine un diplomate de haut rang tandis qu'un autre allait plus loin en se demandant: "Le sait-il lui-même ?" Réunis à Bruxelles, les eurodéputés du Parti populaire européen (PPE, droite) ont prévenu qu'ils souhaitaient tout comme David Cameron le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE, mais qu'ils n'accepteraient pas une renégociation à tout prix. "Nous voulons que la Grande-Bretagne reste dans l'Union européenne, mais nous ne pouvons l'accepter à n'importe quel prix", a déclaré à Reuters Joseph Daul, président de la première force politique au Parlement européen, à laquelle appartiennent notamment la CDU allemande d'Angela Merkel et Les Républicains français, mais pas le Parti conservateur britannique. "CE N'EST PAS 'DANSE AVEC LES STARS'" A son arrivée à Bruxelles, Cameron a promis d'accélérer le processus et d'"accélérer ces négociations dans la préparation du Conseil européen de décembre" (ndlr, les 17 et 18 décembre). Mais avec l'urgence de la crise des réfugiés, certains responsables européens notent qu'il sera peut-être impossible de conclure un accord avec Londres en décembre, ce qui retarderait d'autant la tenue du référendum en Grande-Bretagne. Cameron, qui s'oppose à tout transfert supplémentaire de souveraineté et estime que les électeurs ne se satisfont pas de l'actuel "règlement de la copropriété européenne", veut l'engagement que l'objectif d'"une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l'Europe" qui figure dans le préambule du traité européen ne s'appliquera pas à la Grande-Bretagne. Il veut également obtenir une protection des intérêts financiers britanniques, une meilleure régulation pour promouvoir la compétitivité et une modification des règles sur les prestations sociales, pour endiguer ce qu'il qualifie de "tourisme social" au Royaume-Uni. Mercredi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, soulignait qu'il entendait travailler à une redéfinition équitable du statut de la Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne tout en rappelant que le bloc communautaire entendait lui aussi protéger ses intérêts. "Je ne peux pas dire que d'importants progrès ont été accomplis. Je ne peux pas dire que rien n'a été accompli. Mais il faut être deux pour danser le tango", a-t-il dit. (voir ID:nL8N12E4FB ) "Ce n'est pas 'Danse avec les stars', c'est une renégociation", répliquait jeudi soir un membre de la délégation britannique. (avec Robin Emmott et Philip Blenkinsop; Henri-Pierre André pour le service français)

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