David Cameron fragilisé par les "Panama papers"

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    par Elizabeth Piper 
    LONDRES, 8 avril (Reuters) - David Cameron espérait se 
concentrer sur la campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni 
dans l'Union européenne d'ici au référendum du 23 juin mais sa 
mise en cause dans le scandale des "Panama papers" complique la 
donne. 
    Après quatre déclarations différentes en quatre jours, le 
Premier ministre britannique a fini par admettre jeudi soir à la 
télévision qu'il avait bien détenu une participation dans une 
société créée dans un paradis fiscal par son père Ian, 
aujourd'hui décédé. 
    Il est peu probable, contrairement à ce qui s'est produit en 
Islande, que l'affaire le pousse à la démission. Mais dans le 
contexte de la campagne référendaire, ses aveux précédés 
d'atermoiements le fragilisent. 
    Intervenant jeudi soir sur l'antenne de la chaîne ITV, 
Cameron a précisé avoir vendu ses parts dans la société 
panaméenne Blairmore en 2010, l'année de la mort de son père, 
avant de devenir Premier ministre. 
    "J'ai tout vendu en 2010 parce que j'allais devenir Premier 
ministre et je ne voulais pas que quiconque puisse me reprocher 
d'avoir d'autres agendas, des intérêts privés", a-t-il expliqué. 
    "Nous détenions 5.000 parts dans le Blairmore Investment 
Trust, que nous avons vendues en janvier 2010. Cela valait dans 
les 30.000 livres (37.000 euros)", a précisé le chef du 
gouvernement. 
    Cameron a ajouté avoir payé des impôts sur les dividendes. 
La plus-value réalisée à la revente de ses parts était en 
revanche inférieure au plafond fiscal. "Aussi n'ai-je pas payé 
l'impôt sur les plus-values", a-t-il ajouté. 
     
    "CAMERON A FINI PAR L'ADMETTRE" 
    Promettant de publier ses déclarations fiscales, il a 
également affirmé que ce fonds n'avait pas été créé à des fins 
d'évasion fiscale mais pour pouvoir investir dans des actions 
libellées en dollars. 
    "Cameron a fini par l'admettre: oui, j'ai bénéficié d'un 
fonds offshore d'évitement fiscal", titre en une ce vendredi le 
Guardian, quotidien britannique associé à l'enquête coordonnée 
par le Consortium international des journalistes d'investigation 
(ICIJ) sur la base des "Panama papers", une masse de documents 
ayant fuité de la firme panaméenne Mossack Fonseca, spécialisée 
dans la domiciliation de sociétés à l'étranger et les montages 
d'évasion fiscale.     
    Rien n'indique que son père ou lui se sont rendus coupables 
d'actions illégales, mais en braquant les projecteurs sur les 
richesses de la famille Cameron, l'affaire alimente le sentiment 
d'une partie de l'opinion selon laquelle le Parti conservateur 
gouverne pour protéger les riches tout en imposant l'austérité 
aux pauvres. 
    "Loin d'être la fin de ce débat, les questions continuent de 
se poser", a commenté Tom Watson, le numéro deux du Parti 
travailliste (opposition). 
    "Le Premier ministre savait-il que ce fonds était lié à des 
pratiques d'évasion fiscale ? Si oui, depuis quand, si non, 
pourquoi ? Et pourquoi a-t-il fallu six ans pour que cette 
affaire sorte en pleine lumière ?", a-t-il ajouté. 
    D'autres critiques portent sur l'"hypocrisie" du Premier 
ministre qui a dénoncé à de multiples reprises l'évasion 
fiscale. 
 
 (avec James William à Londres; Danielle Rouquié et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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