Dany Leprince, condamné pour meurtres, libéré sous conditions

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DANY LEPRINCE LIBÉRÉ SOUS CONDITIONS
DANY LEPRINCE LIBÉRÉ SOUS CONDITIONS

PARIS (Reuters) - Un tribunal a accordé mercredi une libération conditionnelle à Dany Leprince, condamné pour un quadruple meurtre commis en 1994 et incarcéré depuis 18 ans malgré ses protestations d'innocence, a-t-on appris auprès de son avocat.

Le tribunal d'application des peines de Melun (Seine-et-Marne) a statué conformément aux réquisitions du parquet général, qui ne s'opposait pas à cette libération.

Dany Leprince sera libéré à partir du 19 octobre et devra respecter un strict contrôle judiciaire, dont le port d'un bracelet électronique et l'interdiction de parler de son dossier à la presse, a expliqué son avocat Yves Baudelot.

"Après 18 ans de détention, pour quelqu'un qui a toujours dit qu'il était innocent, c'est une très bonne décision", a-t-il dit. "Cela étant, son combat continue et il souhaite toujours faire reconnaître son innocence."

Dany Leprince a été reconnu coupable d'avoir tué à l'arme blanche en septembre 1994, à Thorigné-sur-Dué (Sarthe), son frère, l'épouse de ce dernier et deux de ses nièces. Après un aveu très partiel en garde à vue sur un des meurtres, il a ensuite clamé son innocence.

Libéré le 8 juillet 2010 sur la base de nouveaux éléments après 16 ans de prison, dans le cadre d'une procédure de révision de procès, il avait été incarcéré de nouveau le 6 avril 2011.

La Cour de cassation, siégeant selon une procédure rare en "cour de révision", lui avait alors refusé un nouveau procès aux assises, malgré des réquisitions favorables du parquet général critiquant l'enquête et demandant même une réouverture du dossier sur des soupçons portant sur l'épouse de l'époque de Dany Leprince, Martine Compain.

Cette dernière a semblé lors de plusieurs auditions menées notamment pendant la procédure de révision évoquer un rôle dans la tuerie. Le parquet a cependant refusé de rouvrir l'enquête sur ce point, après l'arrêt refusant la révision du procès.

Le président Nicolas Sarkozy a ensuite refusé de gracier Dany Leprince mais le tribunal d'application des peines a en revanche accepté ensuite de lever la période de sûreté de 22 ans imposée dans sa condamnation initiale.

Cette décision a rendu possible une libération conditionnelle. Sur le fond de l'affaire, Dany Leprince demeure juridiquement coupable et ne pourra déposer une nouvelle demande de révision que sur le fondement d'hypothétiques éléments nouveaux, une perspective très aléatoire car la première procédure a balayé de nombreux sujets.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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