Dans les villas pillées de Ben Ali

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Haner sourit derrière ses lunettes de soleil. « Tout cela est revenu au peuple ! » se réjouit la jeune femme en désignant la villa blanche qui se dresse en front de mer, derrière de hauts murs couverts de graffitis vengeurs. L'enceinte de ce qui était encore il y a peu l'inviolable et luxueuse propriété d'un frère du président déchu Ben Ali, dans ce quartier qu'une armée de vigiles interdisait à la population locale, se franchit par le côté.

Les habitants d'Hammamet, station balnéaire touristique que la révolution tunisienne a mise au chômage technique, viennent désormais visiter et s'approprier ce qui reste du saccage des lieux, pillés et en partie brûlés par des émeutiers le 14 janvier. « Nous sommes venus voir ce que le clan Ben Ali-Trabelsi (NDLR : du nom de son épouse Leïla) avait fait de l'argent qu'il nous a volé ! » justifie-t-on en emportant quelques débris.

A Hammamet comme à Sidi Bou Saïd ou Grammath, banlieue huppée proche du palais de Carthage, au nord de Tunis, ces villas symboles de la corruption de l'ancien pouvoir avaient été attaquées dès l'annonce du départ en Arabie saoudite de l'ancien chef d'Etat. Une semaine après sa chute, ces singuliers mausolées désossés se sont mus en lieux de promenade, symboles de l'opération mains propres lancée depuis en France, en Suisse et en Tunisie contre les biens mal acquis du régime déchu. L'enquête ouverte mercredi par la justice tunisienne pour acquisition illégale de biens, placements financiers illicites à l'étranger et exportation illégale de devises aurait d'ores et déjà conduit à l'arrestation de trente-trois proches de la famille de l'ex-président et de son épouse.

Commentées avec enthousiasme, les saisies sont listées dans les journaux ou exhibées à la télévision nationale -- comme ces bijoux, cartes bancaires et fusils filmés jeudi après une nouvelle perquisition. « Musée Trabelsi des ...

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