Dans les coulisses du Nouveau stade de Bordeaux

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EN IMAGES - Inauguré en début de semaine, le Nouveau stade de Bordeaux accueille ce samedi son premier match : Girondins- Montpellier. L’occasion de répondre à 5 questions que l’on peut se poser sur ce bâtiment emblématique.

Après 26 mois de travaux et 16 mois d’étude, Bordeaux dispose désormais d’un nouveau stade aux côtés du stade Chaban-Delmas, ouvert en 1938. C’est sa pelouse que fouleront régulièrement les hommes de Willy Sagnol pour les Girondins de Bordeaux tandis que l’Union Bordeaux Bègle, le club de rugby de la ville, y jouera au minimum trois des plus importantes rencontres de la saison. Alors que cet équipement de 42.115 places pour un budget de 183 millions d’euros (conception et construction) accueille ses premiers spectateurs, voici les réponses à quelques interrogations qu’il suscite.

1. Pourquoi ne pas avoir préféré rénover le stade Chaban-Delmas?

«Bien sûr, le stade Chaban-Delmas représente tout un pan de l’histoire de Bordeaux, admet Thierry Guichard, chargé de mission sur ce projet à la mairie de Bordeaux. Mais il présente beaucoup trop de défauts pour accueillir aujourd’hui de grandes rencontres internationales. Il n’est pas bien abrité, il accueille les personnes handicapées dans des conditions particulièrement mauvaises et il n’est pas équipé d’espaces de réception pour le business.» Une série de défauts rédhibitoires alors que se profilait l’Euro 2016. Pour offrir un nouveau stade aux Girondins et accueillir notamment un quart de finale de l’Euro le 2 juillet 2016, les partenaires publics et privés ont réuni un budget de 183 millions d’euros. Ce qui n’empêche pas la Ville de souligner que ce stade serait la moins cher à la place de l’Euro 2016. Une performance rendue possible notamment par sa situation à côté du parc des expositions disposant de 6000 places de parking, dispensant ainsi de la création de coûteuses places de stationnement.

2. Pourquoi ces coins carrés et tous ces poteaux?

Le Nouveau stade de Bordeaux se caractérise notamment par ses lignes simples et élégantes. Sa conception est signée par le cabinet Herzog & De Meuron auquel on doit notamment l’Allianz Arena de Munich, la Tate Modern à Londres ou encore le Stade national de Pékin. «Ces angles droits et ces colonnes, c’est une façon de reprendre les codes du classicisme comme dans un temple grec mais en les détournant, en introduisant des ruptures», souligne l’architecte Pierre de Meuron. La rupture, elle est symbolisée par des colonnes particulièrement sobres mais présentes en très grand nombre, une «pluie de tubes» pour ses détracteurs. Au final, ces colonnes sont au nombre de 900, 600 d’entre elles servant à soutenir la structure, les 300 autres étant purement décoratives.

3. Tout ce blanc, ce n’est pas un peu triste?

C’est un choix assumé des architectes: dans un stade, la vedette, c’est le spectacle sur la pelouse. «Beaucoup de stades optent pour des structure très visibles, il y a une ambition forte de laisser une trace dans le paysage, explique Pierre de Meuron. Nous avons opté pour quelque chose de très neutre, pour ne pas détourner l’attention des spectateurs. Il y a le vert de la pelouse et le bleu du ciel. Le reste de la couleur c’est aux spectateurs de l’apporter.» Pour éviter une masse uniformément blanche, les architectes ont cependant opté pour différentes nuances de gris pour une bonne partie des places assises. Un élégant damier de couleur, si le stade n’est pas plein. Cette volonté de simplicité se retrouve dans la toiture sobre, à angle droit et purement fonctionnelle, puisque le spectacle n’est pas en haut mais vers le bas de l’arène.

4. Quelle est l’équation économique de ce stade?

Avec le classement moyen des Girondins (6e juste devant l’adversaire de ce soir, Montpellier), certains s’interrogent sur la capacité de cet ensemble à faire le plein et à se financer. Le partenariat avec la chaîne M6 permet d’apporter 100 millions d’euros dans la corbeille et surtout le club mise, comme tous les autres, sur ses espaces hauts de gamme. «Pour les Girondins, il était essentiel dans ce projet de disposer de 1000 places en loges et de 3000 places VIP, le nombre exact de places assises du stade importait peu», explique Thierry Guichard, chargé de mission à la mairie. Pour pouvoir accueillir l’Euro, il fallait au moins dépasser 40.000 places. Mais si le club se préoccupe tant des espaces privilégiés, c’est qu’ils rapportent presque 5 fois plus que les places «standard»: 45 % des recettes prévues pour moins de 10 % de la capacité d’accueil! Le club compte même tirer profit de son auditorium, d’accès privilégiés aux vestiaires pour des séances de cohésion d’équipe en entreprise, sans oublier une galerie, ouverte en permanence, mêlant boutiques, services et espaces de restauration.

5. Que va apporter de neuf ce bâtiment?

Le grand intérêt de ce stade, qui se revendique «à l’anglaise», c’est la visibilité qu’il offre. L’absence de piste d’athlétisme et de grillage de sécurité permet de se sentir au plus près de l’action même dans les places de dernière catégorie. Un chiffre résume parfaitement la situation: au premier rang, les spectateurs se trouvent précisément à 6,5 mètres de la ligne de touche! Avec une assez forte inclinaison, on comprend que même les derniers gradins conservent une beau point de vue. Il se démarque aussi par une intégration paysagère poussée. Localisé entre le Parc floral de plus de 30 hectares et les 50 hectares du bois de Bordeaux, le stade a fait appel aux services d’un paysagiste réputé. Pas moins de 600 arbres ont ainsi été plantés pour créer de l’harmonie et aussi «former un vestibule végétal pour apaiser les gens», selon l’architecte Pierre de Meuron. Les arbres, nouvelle arme contre les hooligans?

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