Dans les Balkans, la dictature du charbon

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Centrale à Ugljevik en Bosnie, en mars 2016.
Centrale à Ugljevik en Bosnie, en mars 2016.

A proximité des centrales électriques, particulièrement polluantes, tout est contaminé : les sols, les sédiments, l’eau, la chaîne alimentaire… Pourtant, dix-sept nouvelles unités doivent être construites d’ici à 2030.

Hérissée de hautes tours de refroidissement, la centrale à charbon de Tuzla n’en finit pas d’envelopper la grande agglomération de l’est de la Bosnie-Herzégovine de ses panaches de fumée. Inaugurée en 1963, la doyenne des centrales bosniennes est aussi la plus puissante des unités de production électrique du pays (715 mégawatts). Et l’une des plus polluantes. Pour prendre la mesure des impacts environnementaux de l’usine vieillissante, il faut emprunter une piste forestière semée d’ornières et de pierres saillantes.

« La route principale est sous vidéosurveillance, le poste de sécurité repérerait rapidement notre voiture et nous obligerait à rebrousser chemin », explique Goran Stojak, le villageois chargé de représenter les communautés riveraines de la centrale auprès des autorités cantonales. La fin du parcours, à pied, traverse une forêt d’arbres chétifs. Au bord du lac où se déversent les eaux usées de l’usine stagne un liquide saumâtre, dont le pH est si basique (pH12, comparable à celui de l’eau de javel) que l’étang ne compte plus un seul poisson.

La combustion du minerai produit beaucoup de gaz carbonique (CO2) – principal responsable du réchauffement climatique –, mais également de l’oxyde d’azote (NOx), du dioxyde de soufre (SO2), des matières particulaires (PM) et des métaux lourds qui font du charbon la plus nocive des énergies fossiles. « Les rejets de la centrale détruisent tout, observe Goran Stojak. Cela fait des années que nous envoyons des courriers à l’i...

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