Dans le Rhône, Alain Juppé réserve ses coups à François Hollande

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    VILLEURBANNE, Rhône, 29 septembre (Reuters) - Alain Juppé 
s'en est pris jeudi soir à François Hollande, dont il a dénoncé 
"l'amateurisme" lors d'un meeting à Villeurbanne (Rhône), sans 
jamais faire allusion à son principal rival dans la course à 
l'investiture présidentielle de la droite, Nicolas Sarkozy. 
    Ce faisant, le maire de Bordeaux a passé sous silence les 
hostilités entre les candidats à la primaire des 20 et 27 
novembre qui se sont ravivées ces derniers jours, chaque camp 
accusant l'autre de courtiser des électeurs étrangers aux 
valeurs de la droite et du centre.      
    Devant 1.500 partisans, l'actuel favori des sondages a 
expliqué que l'élection présidentielle de mai prochain avait 
pour but de désigner un chef de l'Etat "qui soit un vrai chef, 
un chef digne de ce nom, un président qui préside avec autorité, 
avec courage, avec dignité, qui fixe le cap". 
    "Et ce n'est pas le portrait-robot de celui qui exerce la 
fonction", a lancé Alain Juppé, déclenchant les applaudissements 
de la salle. 
    L'ancien Premier ministre a insisté sur "la crise profonde" 
que traverse selon lui l'Etat.  
    "Les quatre dernières années l'ont considérablement aggravée 
et ce n'est pas moi qui le dit, neuf français sur dix ne 
souhaitent pas que François Hollande soit candidat l'an 
prochain", a-t-il déclaré. "C'est la signature d'un échec et 
d'une crise politique majeure". 
    Poursuivant sur le même sujet, il a affirmé que "depuis mai 
2012, les Français, désemparés, ont assisté à un affaiblissement 
continuel de l'autorité du chef de l'Etat et de la crédibilité 
du gouvernement". 
     
    LA PAROLE À HERVÉ MARITON 
    Il a encore dénoncé ce qu'il a qualifié de "mensonges" de 
l'exécutif. "Depuis quelques jours, le gouvernement socialiste 
claironne qu'il a sauvé la Sécu : c'est un énorme mensonge. La 
vérité c'est que la légère amélioration des comptes du régime 
général est d'abord le fruit des réformes menées par des 
gouvernements de droite, notamment en matière de retraite". 
    L'ancien Premier ministre a également esquissé les grandes 
lignes de son programme, insistant sur "la sécurité, première de 
nos liberté", et sur la lutte contre le terrorisme. 
    "Face à la barbarie, il faut être impitoyable. Ces assassins 
de masse ne sont pas des déséquilibrés, ce sont des terroristes 
barbares qu'il faut combattre sans relâche." 
    Sur le plan économique, Alain Juppé a appuyé sur les mauvais 
chiffres du chômage et appelé de ses voeux un rétablissement des 
comptes publics, "pas pour Bruxelles ni pour les marchés, mais 
pour nous, pour nos enfants et nos petits enfants". 
    Le candidat à la primaire a pour finir promis de "gouverner 
autrement", en engageant "les mesures importantes immédiatement 
après l'élection".  
    Alain Juppé s'est par ailleurs réjoui du ralliement d'Hervé 
Mariton, recalé le 21 septembre de la primaire de la droite 
faute de parrainages suffisants, auquel il a laissé la parole 
pendant une dizaine de minutes.   
 
 (Catherine Lagrange, édité par Simon Carraud) 
 
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