DANS LE RETRO. Il y a trente ans, la première expulsion par charter d'immigrés maliens

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DANS LE RETRO. Il y a trente ans, la première expulsion par charter d'immigrés maliens
DANS LE RETRO. Il y a trente ans, la première expulsion par charter d'immigrés maliens

Lundi 20 octobre 1986, «Le Parisien» révèle qu'un charter DC-8 de la compagnie Minerve à destination de Bamako a décollé deux jours plus tôt, en début de soirée, de l’aéroport de Roissy. A l'intérieur, 101 immigrés maliens. Trois-quarts d’entre eux ne remplissaient pas les conditions de séjour en France, les autres étaient victimes d’une condamnation judiciaire (trafic de stupéfiants le plus souvent).

 

 

Menottés aux poignets, les 101 Maliens ne passent pas par l’enregistrement et embarquent avec un billet collectif. Non sans résistance, si l’on en croit plusieurs témoins oculaires, dont le photographe du «Parisien», Gilles Ouaki. Parti à 19 heures, l'appareil atterrit dans la capitale malienne à 00h15. 

 

C’est la première fois qu’un «vol affrété» - la version euphémisante du charter- a pour vocation à expulser des étrangers en situation irrégulière sur le territoire français. Auparavant, la Police aux frontières (PAF) montait dans des vols commerciaux, dans lesquels une ou plusieurs personnes reconduites dans leur pays d'origine voyageaient aux côtés d’usagers classiques.

 

 

Cette opération spectaculaire constitue la première application d'une loi, promulguée un mois plus tôt, le 9 septembre 1986. L'Assemblée nationale compte alors 35 députés du Front national. Le texte accorde aux autorités administratives le droit de reconduire à la frontière, sans jugement, les étrangers en situation irrégulière. Concrètement, elle rend aux préfets le droit de prononcer le renvoi, sans passer par l'étape judiciaire et le potentiel recours de l'immigré à un avocat. 

 

En plus de coûter moins cher que les lignes à horaires réguliers, le recours aux charters est vendu par ses partisans comme un moyen d'éviter deux écueils majeurs : le refus d'embarquement opposé par un étranger et/ou le refus pour un pilote de décoller si les ...

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