Dans le Michoacan, le pape dénonce violence et corruption

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 (Actualisé, messe à Morelia) 
    MORELIA, Mexique, 16 février (Reuters) - Le pape François, à 
l'avant-dernier jour de son voyage apostolique au Mexique, s'est 
rendu mardi à Morelia, capitale de l'Etat de Michoacan, dans 
l'ouest du pays, afin de porter un message de paix et de 
réconciliation dans cette région ensanglantée depuis dix ans par 
la violence liée au trafic de drogue. 
    Lors d'une messe dans un stade de la ville, devant 30.000 
prêtres, religieux et religieuses, il a dénoncé "la violence, la 
corruption, le trafic de drogue, le mépris de la dignité 
humaine, l'indifférence face à la souffrance et à la faiblesse". 
    François a appelé les prêtres à sortir de leurs églises pour 
venir en aide à ceux qui souffrent. 
    Des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées 
dans les rues de Morelia pour accueillir le pape argentin, qui 
devait ensuite se rendre à la cathédrale puis rencontrer des 
jeunes, avant de regagner Mexico. 
    Avant son arrivée dans le stade, la foule avait compté 
jusqu'à 43, pour rappeler les 43 étudiants portés disparus 
depuis septembre 2014 à Iguala, dans l'Etat voisin de Guerrero, 
et apparemment massacrés. 
    Des proches de ces étudiants ont réclamé une rencontre avec 
le pape. Un porte-parole du Vatican a déclaré que plusieurs de 
ces proches seraient présents à la messe que François doit 
célébrer mercredi à Ciudad Juarez, à la frontière des 
Etats-Unis. 
    Début 2014, l'Etat de Michoacan a failli sombrer dans la 
guerre civile, des groupes d'autodéfense ayant décidé, face à 
l'impuissance de l'Etat, de prendre les armes contre les 
trafiquants de drogue du puissant cartel des "chevaliers du 
Temple". 
    Le président Enrique Pena Nieto avait alors envoyé l'armée 
sur place et proposé aux membres des groupes d'autodéfense des 
postes dans la police. 
    Le baron de la drogue Servando "La Tuta" Gomez, chef des 
chevaliers du Temple, a été arrêté il y a un près d'un an à 
Morelia.   
    Plus de 100.000 personnes ont péri au Mexique dans les 
violences liées au trafic de drogue depuis 2007, lorsque le 
gouvernement a lancé une vaste offensive militaire contre les 
cartels. 
    Le pape, qui était arrivé vendredi au Mexique, quittera le 
pays mercredi soir pour regagner Rome. 
 
 (Philip Pullella et Christine Murray, avec Noe Torres; Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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