Dans le grand fourre-tout de l'apologie du terrorisme

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Dans une chambre du tribunal de Paris, en novembre 2011.
Dans une chambre du tribunal de Paris, en novembre 2011.

Depuis les attentats de Paris en novembre, les comparutions immédiates voient défiler des prévenus accusés d’apologie du terrorisme. Souvent pour un verre de trop.

C’est une histoire qui commence comme beaucoup d’autres, devant la 23e chambre du tribunal de Paris. Celle qui voit défiler voleurs à l’arraché et petits trafiquants de drogue en comparution immédiate. Ivre, Mohamed S. a copieusement insulté les policiers, le 15 novembre. La faute à « un verre de vin et trois bons verres de Get ».

Dans le box, deux jours plus tard, l’accusé garde les yeux baissés. Il n’ose pas répéter. Mais l’heure n’est pas à la pudeur pour la présidente, qui prend le relais pour lui rappeler les faits. Et au milieu de la longue liste de noms d’oiseaux, de son niveau d’alcoolémie et de son sexe sorti, ce « ils vous ont bien niqués hier, vive Daech », qui lui vaut de comparaître pour apologie du terrorisme, en plus de la conduite en état d’ivresse et de l’outrage.

Pour son avocate, « on met tout dans le même sac » : un peu d’insultes, un peu d’apologie du terrorisme, un peu d’outrages. Secouez le tout et vous obtenez finalement un prévenu relaxé pour les faits d’apologie, et condamné à trois mois de sursis et six mois de suspension de permis pour le reste.

Soirées arrosées D’autres n’ont pas eu cette chance. A Trappes, Montpellier ou Versailles, des condamnations à six mois de prison ferme sont tombées depuis le 13 novembre pour des propos tenus à l’issue de soirées bien arrosées. A Lunel (Hérault), un multirécidiviste sortant ivre de boîte de nuit a écopé d’un an ferme, le 2 décembre, pour un vol de portable, des insultes et pour avoir crié « je suis Sa...

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