Dans le bâtiment, la reprise n'arrivera que début 2016

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La situation dans le bâtiment est particulièrement difficile. Après avoir perdu 27.500 emplois en 2014, le secteur en a encore supprimé 51.500 au premier trimestre.

Vivement l’année prochaine. Le bâtiment s’attend à une sortie de crise dans quelques mois. «Les perspectives pour la fin 2015 et le début 2016 s’avèrent bien mieux orientées», explique Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB). D’ailleurs, la tendance serait déjà moins mauvaise au deuxième trimestre, selon les entrepreneurs interrogés par l’Insee.

Reste que l’ampleur de ce redémarrage dans un secteur à la peine depuis la crise de 2008 dépendra de la situation extérieure: si la crise grecque dégénère, le ciel pourrait s’assombrir très vite. Surtout, les professionnels souhaiteraient que les pouvoirs publics leur donnent un coup de main.

Sur leur liste de courses, quelques demandes très techniques mais qui pourraient avoir un véritable impact positif sur l’activité. Par exemple, accentuer les différés d’amortissement du prêt à taux zéro PTZ+. «Le PTZ + finance majoritairement des opérations de primo-accession dans l’individuel, soit le segment susceptible de repartir le plus vite, comme l’avait déjà démontré la sortie de la crise des années 1990», argumente Jacques Chanut.

Durcir la lutte contre les travailleurs détachés

Dans le plan de relance du logement annoncé fin août 2014, Manuel Valls avait déjà desserré l’étau concernant ce sujet, allongeant un peu les différés d’amortissement. Une mesure qui solvabilise les moins fortunés mais coûte cher à l’État. Le coup de pouce du premier ministre est estimé à 140 millions d’euros pour 2016 et 340 millions d’euros pour 2017. Il semble donc très improblable que l’exécutif fasse un effort supplémentaire dans ce domaine. De même, la FFB demande au gouvernement de durcir la lutte contre les travailleurs détachés, un fléau dans le bâtiment. «Il faut permettre aux douanes de verbaliser quand la fraude au détachement est constatée», estime Jacques Chanut.

Il y a urgence car ce secteur continue à subir une terrible saignée. «Le début 2015 ressort comme une période particulièrement difficile pour le bâtiment», résume Jacques Chanut. Logements neufs, bureaux, entrepôts… Sur les cinq premiers mois de cette année, on a construit moins qu’en 2014 sur la même période.

Plongeon depuis 2008

Même le segment de l’amélioration-entretien continue à chuter. Une activité atone qui a des retentissements sur l’emploi. Au premier trimestre, 51.500 postes ont disparu, soit 4,3 % des effectifs. Un triste record jamais atteint depuis 2008. Quant aux défaillances d’entreprise, elles ont bondi de 10 %. La situation est d’autant plus préoccupante que le secteur enchaîne les exercices catastrophiques avec, au final, un recul de l’activité de 20 % depuis 2008. L’année dernière, la FFB avait enregistré un repli de 5,1 % avec 27.500 pertes d’emploi.

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  • bsr16 le mercredi 1 juil 2015 à 08:55

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