Dans la Drôme, un écrin de vie sauvage pleinement préservée

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Jakub Mrocek/shutterstock.com
Jakub Mrocek/shutterstock.com

(AFP) - Entre Diois et Vercors, 130 hectares boisés abritent une réserve de vie sauvage d'un nouveau genre, créée par une association de défense des animaux et de la nature qui promeut des écrins plus protecteurs que les parcs existants.

Inaugurée cette semaine par le réalisateur Jacques Perrin, la réserve du Grand Barry, du nom de la crête de calcaire dominant l'endroit, est située sur la commune de Véronne, au coeur d'un massif forestier culminant à 1.100 mètres, délaissé par l'homme et la route, et bordé par un torrent riche en écrevisses.

La biodiversité y est "exceptionnelle", selon l'Association de protection des animaux sauvages (Aspas) : une vingtaine d'espèces d'orchidées poussent au milieu des chênes pubescents, des buis et des pins sylvestres ; trois plantes remarquables des milieux rocailleux chauds y ont été identifiées : la bufonie paniculée, la joubarbe du calcaire et le millepertuis à feuille d'hysope.

Papillons et cigales volètent au-dessus des lézards et serpents; sangliers, cerfs, chevreuils et chamois y croisent renards, blaireaux, fouines, belettes et hermines. Et il n'est pas exclu que lynx et loups du Vercors et du Diois parcourent aussi le Grand Barry, que survolent bécasses, passereaux, aigles, faucons et vautours.

Pour acheter le terrain et préserver un tel écosystème, 140.000 euros ont été nécessaires en septembre 2012, financés aux deux tiers par trois fondations - Pour une Terre Humaine, Brigitte Bardot et Bourdon. Le reste a été donné par environ 400 adhérents de l'Aspas.

- "On chasse dans 70% des réserves existantes" -

L'ambition de l'association est de pallier le manque de contraintes qui caractérise les parcs et réserves existants. "On aurait besoin que l'État renforce sa politique d'aires protégées. Manifestement, il ne veut pas le faire, alors on prend nos responsabilités et on agit à travers une initiative citoyenne", explique son président, Pierre Athanaze.

Il dénonce principalement des règles qui se sont progressivement adoucies : "on chasse dans l'intégralité des réserves biologiques, dans 70% des réserves naturelles et dans deux parcs nationaux, dont le dernier créé, celui des Calanques", aux portes de Marseille.

La réserve du Grand Barry est le premier site en France où la chasse, la pêche, l'exploitation forestière et toute cueillette sont interdites. "On a vraiment besoin d'espaces où l'on va protéger la nature à tous les stades de son évolution, de façon à entretenir tout un cortège de vie, champignons, insectes, etc.", observe Pierre Athanaze.

L'Aspas est également propriétaire de 60 hectares près de Châteauneuf-du-Rhône (Drôme), d'une cinquantaine d'autres dans le Massif Central et de 60 hectares de forêts dans les Côtes-d'Armor. Soit au total environ "300 hectares de nature préservée durablement", que l'on peut découvrir seulement à pied, et en tenant son chien en laisse.

"Ce sont de belles initiatives, qui existent dans d'autres pays, et c'est bien que la France commence à le faire", souligne Jacques Perrin. Le producteur et réalisateur à l'origine des films "Microcosmos", "Le peuple migrateur" ou encore "Océans" est le parrain de ces réserves.

Celle du Barry est le premier site en France à avoir intégré le réseau international "Rewilding Europe", visant à rassembler sur le Vieux Continent, d'ici à 2020, un million d'hectares libérés par l'homme et retournés à la nature.

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